ConflitGuerre au Moyen-Orient : frappes élargies au Liban et tensions sur les marchés au 5ᵉ jour
Au cinquième jour de l’opération militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les combats continuent de s’étendre au Moyen-Orient, tandis que les tensions politiques et les répercussions économiques s’intensifient à l’échelle mondiale.
Mercredi, Israël a mené de nouvelles frappes de grande ampleur en Iran et élargi son offensive au Liban. À Beyrouth et dans sa périphérie, plusieurs explosions ont été entendues. Des bombardements ont touché des zones résidentielles situées au sud de la capitale libanaise, notamment à Aramoun et Saadiyat, faisant au moins six morts et huit blessés selon un premier bilan du ministère libanais de la Santé. Dans l’est du pays, un immeuble de quatre étages a été frappé à Baalbeck, bastion du Hezbollah, causant la mort de cinq personnes et faisant quinze blessés. Pour la première fois depuis le début des hostilités, une frappe israélienne a également visé un hôtel à Hazmieh, dans une banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais présidentiel et de plusieurs missions diplomatiques. Depuis lundi, les bombardements israéliens au Liban ont fait au moins cinquante morts et plus de 335 blessés.
En Iran, l’armée israélienne affirme avoir largué « des dizaines de munitions » contre des centres de commandement de la Sécurité intérieure, dans ce qui semble être une tentative de fragiliser l’appareil répressif du régime. Des cibles telles que des postes de police et le siège de la milice paramilitaire Basij ont été visées. Les Gardiens de la révolution ont de leur côté annoncé avoir tiré une quarantaine de missiles contre des positions américaines et israéliennes, tout en affirmant contrôler totalement le détroit stratégique d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole.
La mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué samedi dans une frappe israélienne au début de l’offensive, continue de peser sur l’évolution du conflit. Ses funérailles nationales doivent débuter mercredi soir à Téhéran, avant son inhumation dans la ville sainte de Machhad. Parallèlement, les dirigeants iraniens délibèrent sur sa succession. Selon plusieurs responsables iraniens, son fils Mojtaba Khamenei, figure ultraconservatrice, serait pressenti pour lui succéder. Israël a prévenu que tout nouveau dirigeant poursuivant la ligne idéologique de Khamenei pourrait devenir une cible militaire.
Les hostilités se poursuivent également dans le Golfe. L’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté dix drones et deux missiles de croisière tirés par l’Iran, tandis que l’armée israélienne a signalé de nouveaux tirs de missiles en direction de son territoire. Le commandement militaire américain affirme conduire des frappes « 24 heures sur 24 » contre l’Iran, mobilisant des moyens allant du cyberespace aux opérations navales.
Face à l’escalade, plusieurs pays occidentaux organisent l’évacuation de leurs ressortissants. Un premier vol affrété par la France est arrivé à Paris dans la nuit de mardi à mercredi en provenance d’Oman. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont également engagé des opérations similaires. Paris a par ailleurs annoncé le déploiement de renforts militaires au Moyen-Orient, incluant le porte-avions Charles-de-Gaulle et des avions Rafale, tandis que Londres envoie un navire de guerre et des moyens antidrones pour protéger ses bases à Chypre.
Le conflit commence aussi à produire des effets majeurs sur l’économie mondiale. Les marchés asiatiques ont lourdement chuté mercredi : l’indice Kospi à Séoul a plongé de plus de 12 %, sa pire performance en plusieurs décennies, tandis que le Nikkei à Tokyo reculait de plus de 4 %. Les cours du pétrole restent sous forte pression haussière. Le baril de Brent dépassait 82 dollars, après avoir franchi la veille le seuil de 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024. La circulation maritime dans le détroit d’Ormuz est quasiment paralysée, ce qui alimente les craintes d’une perturbation durable de l’approvisionnement énergétique mondial.
Selon le Croissant-Rouge iranien, les frappes américano-israéliennes ont déjà fait au moins 787 morts en Iran depuis le début de l’offensive. Le conflit a également coûté la vie à six militaires américains et provoqué des dégâts sur plusieurs installations militaires des États-Unis au Moyen-Orient. L’extension progressive des combats et l’incertitude sur la succession du pouvoir à Téhéran nourrissent les inquiétudes d’une guerre régionale durable.
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