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Incendies en Algérie : Le MAK et Rachad rejettent les accusations du régime algérien

19.08.2021 à 22 H 02 • Mis à jour le 19.08.2021 à 22 H 03
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Mercredi, l’Algérie a décidé de « revoir » ses relations avec le Maroc, accusé d’être impliqué dans les incendies meurtriers qui ont ravagé le nord du pays. « Les actes hostiles incessants perpétrés par le Maroc contre l’Algérie, ont nécessité la révision des relations entre les deux pays et l’intensification des contrôles sécuritaires aux frontières Ouest », a indiqué un communiqué de la présidence algérienne, sans autre précision.


Cette décision a été prise lors d’une réunion extraordinaire du Haut conseil de sécurité algérien, présidée par le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune et consacrée à l’évaluation de la situation après les gigantesques feux de forêt qui ont fait au moins 90 morts dans le nord du pays. Selon le président Tebboune, la plupart de ces incendies étaient d’origine « criminelle » –  sans que ne soit présentée jusqu’à présent la moindre preuve.


L’enquête a permis de « découvrir qu’un réseau criminel, classé comme organisation terroriste », est derrière les incendies, « de l’aveu de ses membres arrêtés », selon la Direction générale de la Sûreté nationale algérienne (DGSN).


Les dirigeants algériens ont accusé le MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), une organisation indépendantiste, d’être responsable des incendies et du lynchage et l’immolation d’un jeune homme accusé à tort de pyromanie en Kabylie, région berbérophone du nord-est du pays ravagée par les feux. Soixante-et-un suspects ont été arrêtés depuis le meurtre de Djamel Ben Ismaïl le 11 août. Certains des suspects arrêtés ont confessé appartenir au MAK, selon des aveux filmés et diffusés par les télévisions algériennes.


En plus du MAK, Alger a également mis en cause le mouvement islamo-conservateur Rachad établi à Londres. Ces deux mouvements, bêtes noires du pouvoir algérien, sont illégaux en Algérie où ils ont été classés comme « organisations terroristes » le 18 mai dernier.


« Le Haut conseil de sécurité a décidé (… ) d’intensifier les efforts des services de sécurité pour l’arrestation du reste des individus impliqués dans les deux crimes, ainsi que tous les membres des deux mouvements terroristes qui menacent la sécurité publique et l’unité nationale, jusqu’à leur éradication totale, notamment le MAK qui reçoit le soutien et l’aide de parties étrangères, en tête desquelles le Maroc et l’entité sioniste (Israël, ndlr) », selon la présidence algérienne.


Basé à Paris, le MAK, a rejeté ces allégations. « Le MAK est une organisation pacifique. Seul l’État algérien la considère comme terroriste » en raison du fait qu’il « conteste les agissements du régime algérien », a indiqué Aksel Ameziane, le porte-parole de l’ANAVAD « gouvernement provisoire kabyle », non-reconnu par la communauté internationale, qui a accusé le pouvoir d’Alger d’avoir « échafaudé » ce « plan » incendiaire, tout comme Ferhat Mehenni, le président du MAK, qui a également accusé, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le régime algérien d’avoir fomenté les feux et l’assassinat du jeune homme.


« Nous demandons une enquête internationale et sur ce jeune homme qui a été immolé et sur les incendies », a déclaré à l’AFP le porte-parole du MAK.


Le Mouvement Rachad a également rejeté dans un communiqué diffusé le 18 août « ces allégations sans fondement et nie catégoriquement toute implication de ses membres dans les incendies ainsi que dans l’assassinat odieux du jeune Djamel Ben Ismail ».


« Ces allégations mensongères sont une tentative désespérée d’un régime aux abois qui cherche dans la panique des boucs émissaires à ses faillites sur les plans politique, sanitaire, économique, social et écologique », a ajouté le mouvement islamo-conservateur en exil.


« La rhétorique de l’éradication utilisée par le HCS, atavisme de la sale guerre des années 1990, trahit une volonté criminelle dirigée contre le Hirak (mouvement social contestataire, ndlr). Ces conspirations sont vouées à l’échec et le Hirak, fidèle à son caractère non-violent, finira par bâtir l’Etat de droit auquel aspirent les Algériennes et les Algériens », a ajouté Rachad.

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