BanquesLa BCP reconduit son programme de rachat d’actions sur fond de décrochage boursier
La Banque centrale populaire (BCP) s'apprête à remettre en place un dispositif de rachat de ses propres titres, dont l'objet affiché est d'entretenir la liquidité de son action à la Bourse de Casablanca. L'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a visé le 9 juin la notice d'information encadrant l'opération, selon un communiqué du régulateur. Le programme reste suspendu à l'aval des actionnaires, convoqués en assemblée générale ordinaire le 24 juin.
Dans ses grandes lignes, le dispositif autorise la banque à détenir jusqu'à 10.165.623 actions, soit 5 % de son capital, sur une fenêtre d'exécution courant du 20 juillet 2026 au 20 janvier 2028. Le prix d'achat est plafonné à 374 dirhams par titre et le prix plancher de revente fixé à 201 dirhams. L'enveloppe maximale susceptible d'être mobilisée approche ainsi 3,8 milliards de dirhams, montant qui figure dans la notice mais ne ressort pas du communiqué du régulateur. Ces paramètres reconduisent à l'identique ceux des deux programmes annuels précédents, dont la mécanique avait déjà été calibrée sur les mêmes seuils de prix et de volume.
L'établissement prend soin de circonscrire la portée de l'opération. Selon la notice, les titres rachetés n'ont vocation ni à être annulés, ni à dégager un résultat financier, ni à soutenir artificiellement le cours, ni à constituer une réserve en vue de futures opérations sur le capital. L'unique finalité revendiquée est de fluidifier les échanges sur la valeur. Un contrat de liquidité viendra s'adosser au programme, dans la limite de 2.033.124 actions, soit 1 % du capital et un cinquième de l'enveloppe globale.
Cette reconduction intervient alors que le titre traverse une séquence défavorable. Entre le 2 janvier 2025 et le 26 mai 2026, l'action a cédé 14,3 % de sa valeur, à rebours d'un marché orienté à la hausse : sur la même période, le MASI a gagné 25,1 %, son compartiment des vingt principales capitalisations 10 %, et l'indice bancaire 7,9 %. Le décrochage de la BCP tranche d'autant plus qu'il s'inscrit dans un secteur porteur. Le cours a oscillé entre un plus haut de 335 dirhams et un plus bas de 230 dirhams, atteint le 20 mai dernier, pour une moyenne pondérée de 285,5 dirhams.
Le repli n'a pas pour autant tari les transactions. Plus de 24,2 millions de titres ont changé de mains sur le marché central sur la période, pour un volume supérieur à 6,9 milliards de dirhams, ce qui place la valeur parmi les plus traitées de la cote, avec un coefficient de liquidité de 11,92 % et une moyenne quotidienne dépassant 70.000 actions. La banque indique que le rachat sera intégralement financé sur sa trésorerie, qui s'élevait à 10,02 milliards de dirhams dans ses comptes sociaux à fin 2025, de quoi absorber le coût théorique maximal de l'opération.
Reste que l'argument de la liquidité, mis en avant pour un titre déjà parmi les plus échangés du marché, interroge la véritable lecture du dispositif. Faute d'objectif de relution ou de soutien de cours assumé, le programme s'apparente davantage à un outil d'animation permanent qu'à une réponse au décrochage récent, un décalage que l'assemblée du 24 juin sera amenée à trancher.
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