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Moyen-Orient
La guerre s’étend au Liban et au Golfe, Washington évoque une campagne de plusieurs semaines

03.03.2026 à 08 H 51 • Mis à jour le 03.03.2026 à 09 H 46 • Temps de lecture : 4 minutes
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Beyrouth sous les bombes israéliennes

L’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran est entrée dans une nouvelle phase marquée par un élargissement rapide du théâtre des opérations à l’ensemble du Golfe et au Liban. Au quatrième jour de l’offensive américano-israélienne, les frappes aériennes se poursuivent intensément sur le territoire iranien, tandis que les représailles de Téhéran visent désormais des cibles américaines et alliées dans plusieurs pays de la région.


Lundi et tôt mardi, l’armée israélienne a annoncé mener des frappes simultanées à Téhéran et à Beyrouth, ciblant à la fois des objectifs militaires iraniens et des infrastructures du Hezbollah. Le mouvement chiite libanais, allié de l’Iran, a revendiqué des tirs de roquettes et de drones contre Israël, affirmant avoir visé notamment les bases aériennes de Ramat David et de Meron. En riposte, Israël a intensifié ses bombardements au Liban, frappant des bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth et annonçant la prise de nouvelles positions le long de la frontière. Selon le ministère libanais de la Santé, au moins 31 personnes ont été tuées dans ces frappes.


Dans le Golfe, l’Iran a élargi ses attaques. Les Émirats arabes unis ont fait état de salves de missiles balistiques interceptées par leurs défenses aériennes. En Arabie saoudite, huit drones ont été abattus près de Riyad et d’Al-Kharj. Deux appareils ont touché l’ambassade américaine à Riyad, provoquant un incendie limité et des dégâts matériels mineurs, entraînant la fermeture de la représentation diplomatique. Le Koweït a également fermé son ambassade américaine en raison des tensions régionales. Le Qatar, de son côté, a annoncé avoir abattu deux bombardiers iraniens Su-24, marquant la première mention d’incursions d’avions de guerre iraniens dans l’espace aérien de ses voisins du Golfe.


À Bahreïn, les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué une « attaque à grande échelle » contre une base aérienne américaine, affirmant que drones et missiles avaient atteint leurs cibles. L’armée américaine assure pour sa part avoir détruit des centres de commandement et de contrôle du Corps des Gardiens de la révolution islamique, des systèmes de défense aérienne, des sites de lancement de missiles et de drones ainsi que des aérodromes militaires en Iran.


À Washington, le président Donald Trump a adopté un ton résolument offensif, évoquant une campagne militaire potentiellement longue. Il a déclaré que les frappes pourraient durer « quatre à cinq semaines  », voire davantage, et n’a pas exclu un engagement terrestre. Le secrétaire d’État Marco Rubio a affirmé que « les coups les plus durs restent à venir  ». Le Pentagone a annoncé que six militaires américains avaient été tués dans des frappes iraniennes, tandis que trois chasseurs F-15 américains ont été abattus par erreur par la défense aérienne koweïtienne dans un incident qualifié de « tir ami »  leurs six membres d’équipage ont pu s’éjecter et être récupérés sains et saufs.


Téhéran affiche une posture de défi. Le responsable iranien Ali Larijani a rejeté toute idée de négociation avec Washington et affirmé que l’Iran s’était « préparé à une longue guerre  ». Un haut responsable des Gardiens de la révolution a menacé de bloquer totalement le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, promettant qu’« aucune goutte de pétrole » n’y circulerait. Le trafic maritime y a déjà fortement ralenti.


Les conséquences humaines et économiques sont lourdes. Plus de 550 personnes ont été tuées en Iran depuis le début du conflit, selon le Croissant-Rouge iranien. Au moins 10 morts sont recensés en Israël, six dans les pays du Golfe, et des dizaines au Liban. Les marchés de l’énergie restent extrêmement volatils : les combats perturbent les routes maritimes et les installations de production. Le Qatar a annoncé suspendre sa production de gaz naturel liquéfié, privant le marché mondial d’une part significative de l’offre.


Cette extension géographique des hostilités, combinée aux menaces sur le détroit d’Ormuz et aux frappes contre des infrastructures civiles, fait redouter un embrasement régional durable, aux répercussions stratégiques et économiques mondiales.

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