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Justice
L’installation de Macky Sall au Maroc compromise par un projet de loi maroco-sénégalais ?

04.03.2025 à 11 H 34 • Mis à jour le 04.03.2025 à 11 H 34 • Temps de lecture : 3 minutes
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Résident au Maroc depuis près d’un an, le président sortant sénégalais Macky Sall risque de se voir extradé, selon la presse sénégalaise. Le 3 mars, un projet de loi portant sur l’assistance aux personnes détenues et sur le transfèrement des personnes condamnées entre le Maroc et le Sénégal a été adopté par les membres de l’inter-commission de l’Assemblée nationale à Dakar.


Cette convention avait été signée le 17 décembre 2004 à Rabat entre le Sénégal et le Maroc. Ce n'est que le 22 janvier dernier que le Conseil des ministres avait autorisé la ratification de ce projet de loi. Celui-ci vise alors à améliorer la prise en charge des citoyens des deux pays, en situation de détention, tout en facilitant leur transfèrement vers leur pays d’origine pour y purger leur peine. Le texte sera présenté lundi 10 mars à l’Assemblée nationale, où il pourra être validé par la majorité parlementaire, et ainsi renforcer la coopération judiciaire entre les deux pays.


Si le projet de loi est validé, il pourrait avoir d’importantes conséquences politiques, notamment pour l’ancien président du Sénégal. Le 28 février, Moustapha Ndjekk Sarré, porte-parole du gouvernement sénégalais sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, avait déclaré que Sall « ne peut pas échapper à la justice », rapportait la presse sénégalaise.


Sarré avait ajouté que l’ancien président « sera appelé devant la justice », accusé d’être « le premier responsable d'actes extrêmement graves ». Ces déclarations font suite à un rapport de la Cour des comptes sénégalaise, qui remet en cause la gestion financière de l’administration Sall, avec des incohérences au niveau des chiffres de la gestion financière du pays.


« En cas de poursuites judiciaires et de condamnation, ce texte pourrait offrir un cadre légal pour son transfèrement depuis le Maroc », relève ainsi la presse sénégalaise, si le projet de loi était adopté lundi prochain. De son côté, l’ancien président y voit un « procédé politique » de la part du camp présidentiel.


En novembre dernier, après sa défaite aux élections législatives sénégalaises, Sall avait choisi d’implanter sa société Semo Holding à Marrakech, comme l'avait révélé Le Desk. Contrairement à ce qui avait été relayé dans la presse, Semo Holding n’opère pas dans les domaines de l'environnement, l'énergie et les politiques publiques, mais sert principalement à facturer les missions effectuées par Sall.

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