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Syndicats
Réforme du pôle social: l’UMT accuse la tutelle de vouloir « enterrer » l’ADS, grève et sit-in prévus

28.12.2023 à 12 H 10 • Mis à jour le 28.12.2023 à 12 H 10 • Temps de lecture : 4 minutes
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L’Union marocaine du travail (UMT) vient d’annoncer une grève d’avertissement le 19 janvier prochain, ainsi que l’organisation d’un sit-in en face du siège du ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille. Cette mobilisation, explique le syndicat vient en contestation des plans de la tutelle portant sur  « l’enterrement  » de l’Agence de développement social (ADS), alors que le sort de cette institution est entouré « d’ambiguïté » et  de « manque de transparence » de la part du ministère.


Cette situation, alerte le syndicat, engendrera une « grave tension sociale dans l’avenir » et dont les signes sont déjà prononcés avec « ce que le ministère appelle la réforme administrative de l’institution  », mais qui n’a conduit qu’à « son déclin croissant année après année sur le plan financier, opérationnel et fonctionnel, en l'absence des crédits budgétaires qui lui sont alloués et en raison de la faiblesse des moyens de travail ». La dégradation de la situation et de la performance de l’ADS, ajoute-t-on, n’est donc que le résultats des décisions politiques « incohérentes  » de la part de la tutelle, poussant l’Agence à remplir des rôles qui « ne rentrent pas dans son champ d’action » et par conséquent vers son « déclin  ».


A cet égard, l’UMT pointe directement du doigt la ministre de la Solidarité Awatif Hayar, l’accusant de « bloquer  » la tenue du conseil d’administration de l’ADS. A en croire le syndicat, la ministre jouerait un rôle actif dans la dégradation de la situation de l’institution afin de faire avancer le plan de sa dissolution. Dans ce sens, l’UMT considère que « les conclusions floues du récent audit est une manœuvre visant à fragiliser le rôle de l’ADS, en préparation de sa liquidation ».  Le fait que le syndicat, unique représentant des fonctionnaires de l’institution, ait été exclu lors de la réalisation dudit audit, ajoute-t-on, en est une autre preuve.


Ainsi, appelant le ministère « à la clarté, à la transparence, et au partage des résultats de l’audit » tout en réitérant son refus que ceux-ci soit « monopolisés » par la tutelle, l’UMT affirme qu’elle demeure attachée à son choix « clair » de lutter pour la concrétisation des revendications « justes et légitimes des cadres de l'institution et de protéger leur avenir professionnel sans compromis ».


Pour rappel, depuis mars dernier, l’ADS, aux côté de l’Office de développement de la coopération et de l'Entraide nationale, devraient bientôt faire l’objet de réformes dans le cadre du plan de restructuration et de repositionnement du pôle public annoncé par le gouvernement en mars dernier. Ce plan, qui s’inscrit dans le cadre de la réforme des établissements et entreprises publics, vise à optimiser et renforcer les politiques publiques dans le domaine social afin de s’aligner sur les objectifs du nouveau modèle de développement.


C’est d’ailleurs dans ce cadre, que la tutelle avait réalisé un audit stratégique, opérationnel et de gestion, afin d’examiner leur situation et proposer des scénarii de devenir et le schéma institutionnel cible qui serait éventuellement mis en place pour les trois entités. Si les conclusions de cette étude ne sont toujours pas publique, l’UMT estime que l’Exécutif se dirige vers la refonte des trois institutions en un seul organisme, et donc la dissolution de l’ADS. Le syndicat craint ainsi les répercussions d’une telle décision sur la situation des fonctionnaires de l’institution.


Cependant, l’idée n’est pas nouvelle, et a fait l’objet de plusieurs discussions et de propositions. La dernière de celles-ci émanait du groupe de la Justice Sociale à la deuxième chambre du parlement, qui avait présenté, en avril dernier, une proposition de loi visant à créer le Groupe du Pôle Social en fusionnant l’Entraide nationale et l'Agence de développement social pour former une institution nationale de référence.


Le groupe justifiait sa proposition par « le contexte des transformations que connaît la politique sociale de notre pays après le lancement du grand atelier royal pour la protection sociale »,  indiquant que la fusion des deux entités au sein d’une seule institution renforcerait la gouvernance du secteur tout en permettant de « rationaliser les outils institutionnels chargés de l'intervention sociale en formant une institution universelle chargée de coordonner les interventions et de tirer parti des compétences humaines et des ressources allouées aux deux institutions de référence dans le domaine de l'intervention sociale ».

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