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Gap salarial
Salariat: les femmes touchent jusqu’à 43% moins que les hommes

08.03.2024 à 10 H 16 • Mis à jour le 08.03.2024 à 10 H 16 • Temps de lecture : 3 minutes
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Les femmes salariées touchent en moyenne 200 à 1 000 dirhams (DH) en moins que leurs pairs du sexe masculin, révèle une note publiée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) à l’occasion de la journée international des droits des femmes, et qu’il a dédiée à la question des inégalités salariales de genre et le rôle de la discrimination sexiste. Cette note révèle ainsi l’existence d’un « gap de rémunération » entre les deux sexes,   en termes d’écart de leurs salaires moyens et exprimé en pourcentage des gains salariaux des femmes. « Ce gap exprime la proportion par laquelle il faudrait augmenter le salaire global des femmes pour égaler celui des hommes », explique le HCP. Pour rendre évident cet écart, le HCP s’est basé sur les chiffres de 2019.


Avec un salaire moyen au niveau national de 3 800 dirhams (DH) par salarié, les hommes perçoivent un salaire mensuel de 3 900 DH, contre 3 700 DH pour les femmes. De plus, pour la population salariée urbaine âgée de 18 à 60 ans, le salaire moyen des hommes s’élève à 4 900 DH, ce qui représente une augmentation de 23 % par rapport au salaire moyen des femmes, établi à 3 900 DH. En termes de salaire médian, évalué à 3 400 DH pour les hommes, contre 2 800 DH pour les femmes, cet écart est de 20 % en faveur des hommes.


Par groupe d’âge, l'écart du salaire moyen suit une tendance en forme de U inversé, avec une période où les femmes âgées de 18 à 29 ans gagnent un salaire moyen supérieur de 10 % à celui de leurs homologues masculins, souligne le HCP. Cependant, au-delà de cette tranche d'âge, l'écart salarial se creuse, montrant un désavantage en faveur des femmes. Il atteint son niveau le plus marqué, avec un écart de 41,4 %, chez les salariés âgés de 30 à 44 ans. Malgré une atténuation de cet écart pour les salariés âgés de 45 à 60 ans, il persiste toujours en faveur des hommes et se maintient à des niveaux élevés, approchant la moyenne globale de l'écart salarial, quelle que soit la tranche d'âge, ajoute la même source.


Du point de vue du niveau scolaire, l’écart salarial en faveur des hommes atteint son niveau le plus élevé à 42,4 % parmi les salariés sans niveau scolaire. Cet écart se réduit à 30 % parmi la catégorie de travailleurs ayant une formation scolaire fondamentale, et à 37 % parmi ceux ayant atteint un niveau d'éducation supérieur. « Sans surprise, l’étendue de l’écart salarial parmi ces derniers provient principalement des écarts salariaux hommes-femmes dans le secteur privé qui s’élèvent à 82 %, contre 13 % dans le secteur public. En d’autres termes, le salariat dans le secteur privé contribue à hauteur de 79 % à l’écart salarial entre les hommes et les femmes ayant poursuivi des études supérieures », précise le HCP.


Néanmoins, bien que dans le public l’écart salarial demeure limité, cela n’empêche que les femmes fonctionnaires touchent moins que leurs homologues hommes, avec un salaire moyen de 8 500 DH pour les hommes et 8 300 DH pour les femmes. Dans le secteur privé, ces moyennes sont respectivement de 5 400 DH et 3 800 DH, soit un gap de 43 %.


Le gap salarial est également nettement différencié selon la catégorie socioprofessionnelle. Aux premières années de la carrière professionnelle, ce gap reste relativement faible, oscillant entre 4 % pour la catégorie des « Responsables hiérarchiques, professions libérales et cadres supérieurs » et 9 % pour celle des « Cadres moyens et employés », avant de s’accentuer nettement au fil de l’âge, note le HCP.


Cette tendance est toutefois en train de s’inverser, avec des écarts constatés au profit des femmes salariées âgées de 18 à 29 ans. Le gap salarial pour cette catégorie est en effet de -15,9 % dans le secteur public et 6,8 % dans le secteur privé. « Ce revirement est vraisemblablement dû à un effet de comportement d’activité des jeunes femmes salariées qui, étant généralement plus instruites et plus qualifiées que leurs homologues hommes, se positionnent mieux sur le marché du travail  », explique-t-on.

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