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Soutenue par le Polisario, la COAG espagnole relance sa campagne contre la tomate marocaine

26.05.2025 à 12 H 26 • Mis à jour le 26.05.2025 à 12 H 49 • Temps de lecture : 3 minutes
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La Confédération des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs (COAG) a relancé sa campagne contre les exportations agricoles marocaines vers l’Union européenne (UE). L’organisation syndicale espagnole affirme avoir constaté, dans plusieurs supermarchés andalous, la commercialisation de tomates cerises originaires du Sahara, mais étiquetées comme provenant du Maroc.


Le syndicat agricole, proche de certaines organisations du Front Polisario, demande la suspension de l’accord agricole entre l’UE et le Maroc et compte se réunir prochainement avec des représentants européens à cette fin. Une demande soutenue par des parlementaires espagnols au Congrès, et relayée dans la presse par une coalition regroupant la COAG et des ONG pro-Polisario.


Dans son offensive médiatique, la COAG s’appuie notamment sur une étude récente décrivant l’essor spectaculaire des cultures maraîchères dans la région de Dakhla, dans le sud du Sahara. Plus de 1 000 hectares de serres y sont aujourd’hui exploités pour l’export, avec des investissements portés par des groupes marocains appuyés par l’État, dans une stratégie de « mégapole de la tomate  » tournée vers l’Europe.


Depuis plusieurs arrêts rendus en 2021 par la Cour de justice de l’UE (CJUE), les institutions communautaires sont contraintes de dissocier explicitement, dans les accords bilatéraux, le territoire du Sahara occidental du reste du Maroc. Ces arrêts ne remettent pas en cause les échanges, mais imposent que les produits en provenance du Sahara soient étiquetés de façon distincte, sans mention du Maroc comme pays d’origine.


C’est précisément sur ce point juridique que la COAG concentre ses critiques. En dénonçant un étiquetage marocain sur des tomates issues de Dakhla, elle accuse Rabat d’enfreindre les exigences européennes. Elle accuse en parallèle Bruxelles de laxisme dans le contrôle douanier et dans la traçabilité des importations.


La Commission européenne ne partage pas ce constat. En mars 2025, répondant à une question écrite de la députée du Parti populaire (opposition) Carmen Crespo, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a affirmé qu’aucune fraude n’avait été constatée, rejoignant ainsi l’avis de Rabat. Il a assuré que «  les importations agricoles marocaines respectent les termes de l’accord d’association de 2012 », qui reste juridiquement en vigueur malgré les arrêts de la CJUE. Selon lui, les autorités douanières nationales des États membres sont compétentes pour faire appliquer les obligations d’étiquetage, mais aucune anomalie systémique n’a été relevée jusqu’à présent.

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