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Un projet de système d’information intégré pour la protection de l’enfance dans le pipe

08.07.2025 à 23 H 00 • Mis à jour le 08.07.2025 à 23 H 00 • Temps de lecture : 4 minutes
Par
Centre de sauvegarde de l'enfance.

Devant la Chambre des conseillers, mardi 8 juillet, la ministre de la Solidarité, de l’Inclusion sociale et de la Famille, Naima Ben Yahya, a annoncé la mise en chantier d’un projet de système d’information intégré de protection de l’enfance, destiné à assurer un suivi rigoureux des enfants concernés tout au long du processus d’accompagnement, depuis l’identification des cas jusqu’à leur réintégration sociale.


Ce projet, qui vise à répondre aux lacunes relevées lors de l’évaluation du premier programme national exécutif de la politique publique intégrée de protection de l’enfance, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des mécanismes territoriaux. Il englobe, selon la ministre, la montée en compétences des professionnels engagés sur le terrain, l’élargissement du maillage territorial par la création de structures de proximité, ainsi que la généralisation des centres d’accompagnement provinciaux relevant des délégations de l’Entraide nationale, encadrés par des équipes spécialisées.


Dans ce cadre, Ben Yahya a rappelé la mise en place de 43 unités de protection de l’enfance à travers le pays, réalisées en partenariat avec le tissu associatif et pour un budget dépassant 11 millions de dirhams. Ces structures s’inscrivent dans un dispositif global qui comprend également des centres d’accompagnement fonctionnels dans plusieurs provinces.


Un volet spécifique est par ailleurs consacré aux enfants en situation de rue. À ce titre, la ministre a indiqué que 1 400 enfants ont pu être intégrés en 2024 grâce à l’action combinée des unités de terrain et du service d’aide mobile d’urgence sociale, opérationnel dans plusieurs villes. Sur les six premiers mois de 2025, ce même dispositif a déjà pris en charge 1 099 enfants, confirmant sa montée en puissance. Pour accompagner cette dynamique, 20 unités ont été déployées en 2024, et 10 autres sont programmées pour 2025.


L’effort d’intégration sociale passe également par l’accès à la formation et au système éducatif. L’Entraide nationale, partenaire central du ministère, a ainsi permis en 2024 l’intégration de 259 enfants dans des programmes de formation professionnelle et en alternance, tandis que 585 enfants déscolarisés ont pu être réinsérés dans le parcours scolaire.


Ben Yahya a également insisté sur la volonté du gouvernement de renforcer la qualité de la prise en charge dans les institutions sociales accueillant des enfants en situation difficile. Cela passe par un cadre légal renouvelé, avec l’élaboration des textes d’application de la nouvelle loi relative aux établissements de protection sociale, ainsi que par la mise en place de dispositifs de prise en charge psychologique pour traiter les traumatismes précoces.


L’évaluation du premier programme national exécutif de cette politique publique intégrée a par ailleurs permis d’identifier plusieurs acquis majeurs, parmi lesquels le renforcement du cadre juridique, l’amélioration des mécanismes de gouvernance et de coordination, et le développement de structures de protection dans les tribunaux, les hôpitaux, les services de sécurité (Sûreté nationale et Gendarmerie royale), ainsi que dans les centres gérés par l’Entraide nationale et les associations partenaires.


Cependant, ce diagnostic a aussi mis en lumière des défis persistants, en particulier la nécessité de mettre en place un système véritablement intégré de protection de l’enfance, face à la multiplicité des intervenants et à la fragmentation territoriale des dispositifs, notamment au niveau des provinces où les capacités d'opérationnalisation restent inégales.


C’est sur la base de ces constats que le ministère prépare actuellement le deuxième programme national exécutif, attendu en 2026. Il ambitionne de placer les droits de l’enfant au cœur de l’action gouvernementale, selon les orientations royales, des engagements constitutionnels et des recommandations du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, formulées lors de l’examen du troisième et quatrième rapport du Maroc relatif à la mise en œuvre de la Convention internationale des droits de l’enfant.


Ce nouveau programme fera de la prévention un axe central, à la fois pour réduire les coûts d’intervention a posteriori et pour lutter contre les violences et discriminations. Il prévoit également d’élargir l’offre de services pour garantir une justice territoriale, tout en œuvrant à la création d’une nouvelle génération de structures adaptées aux différentes phases de l’enfance, axées sur le développement personnel, l’éducation, la santé mentale et l’accès au divertissement.


À travers ces orientations, le ministère entend bâtir un écosystème cohérent et coordonné de protection de l’enfance, en rupture avec les pratiques fragmentées du passé, pour mieux répondre aux vulnérabilités sociales croissantes qui affectent une frange importante de la jeunesse marocaine.

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