JusticeAffaire de la gestion des déchets à Bouznika : Karimine écope de 7 ans de prison ferme, El Badraoui d’une peine de 6 ans
La Chambre des crimes financiers près la Cour d’appel de Casablanca a rendu, le mardi 29 juillet, son verdict dans l’une des affaires les plus emblématiques des dérives de la gestion locale au Maroc. Aziz El Badraoui, ancien président du Raja Club Athletic et patron de la société de gestion des déchets Ozone, a été condamné à 6 ans de prison ferme. À ses côtés dans le box des accusés, Mohamed Karimine, ancien député et président du Conseil communal de Bouznika, a écopé d’une peine de 7 ans d’emprisonnement. Un troisième prévenu, un ancien ingénieur communal surnommé « le Tangérois », a été condamné pour sa part à 4 ans de réclusion.
Ces lourdes condamnations interviennent à l’issue d’un procès qui a mis en lumière de graves dysfonctionnements dans la gestion des deniers publics, en particulier autour du contrat de propreté de la ville de Bouznika. Ce marché, confié à la société Ozone dirigée par El Badraoui, aurait fait l’objet d’irrégularités majeures. L’enquête a révélé que le contrat avait été prolongé de 6 mois sans l’aval du Conseil communal et en dehors de toute procédure légale. Cette décision unilatérale se serait accompagnée d'une hausse substantielle des charges, imputées directement au budget de la commune.
Le scandale avait éclaté à la suite d’une plainte déposée par trois conseillers municipaux, qui ont dénoncé un possible conflit d’intérêts et une surfacturation des prestations liées à la collecte des déchets. Cette alerte a déclenché une cascade d’investigations, menées notamment par la Cour régionale des comptes et l’Inspection générale de l’administration territoriale (IGAT), rattachée au ministère de l’Intérieur.
Les deux organes de contrôle ont mis en évidence des actes de détournement de fonds, d’abus de pouvoir et de violation manifeste des règles encadrant la passation et l’exécution des marchés publics. En revanche, faute de preuves suffisantes, les accusations de falsification de documents ont été abandonnées en cours d’instruction.
Les audiences, régulièrement reportées pour permettre à la défense de préparer ses arguments, se sont tenues dans une salle 8 du Palais de justice, placée sous haute surveillance. Au fil des séances, Aziz El Badraoui est apparu affaibli par ses conditions de détention, lui qui avait été incarcéré en février 2024, en même temps que son co-accusé Mohamed Karimine.
Devant la cour, ce dernier a tenté de se défausser en invoquant des justifications administratives aux manquements reprochés. Il a affirmé que les observations de la Cour des comptes avaient été traitées avec diligence, tout en soulignant que certaines recommandations nécessitaient des délais d’application. Il a également mis en cause la méthode de travail de l’IGAT qui, selon lui, n’aurait interrogé aucun fonctionnaire communal sur les faits relevés.
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