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Pays-BasL’opposant Saïd Chaou ne sera pas extradé vers le Maroc

22.02.2018 à 14 H 26 • Mis à jour le 22.02.2018 à 14 H 27
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Le tribunal de Breda estime que les garanties fournies par le Maroc sont insuffisantes à éviter le risque d'un procès inéquitable. La justice batave considère que l'ordre d'extradition est inacceptable et lève ainsi la détention d'extradition de l'ancien pamiste mué en opposant séparatiste

Saïd Chaou, ancien parlementaire du PAM, ne peut être extradé vers le Maroc. Âgé de 52 ans, il est soupçonné d’infractions liées à la drogue et de corruption. Mais selon le juge batave de Breda « il y a un réel danger que Chaou subisse un procès inéquitable et que, par conséquent, l’extradition doit être refusée ».


Le Maroc avait fortement insisté l’an dernier pour cette extradition dans un contexte de crise avec la Hollande. Rabat , par canal diplomatique, avait garanti qu’il bénéficierait d’un procès équitable, mais avait déjà une reçu une fin de non recevoir. « Les rapports de plusieurs organisations internationales montrent que d’autres suspects comme Chaou ont fait des déclarations sous la torture », rapporte le journal local Omroep Brabant, qui avance que « ces déclarations seraient utilisées contre lui en tant que preuve dans le cas d’un procès au Maroc ».


Pour les Pays-Bas : un processus inéquitable

Aussi, le tribunal de Breda estime que les garanties fournies par le Maroc sont insuffisantes à éviter le risque d’un procès inéquitable. Le tribunal considère que l’ordre d’extradition est inacceptable et lève ainsi la détention d’extradition.


Said Chaou est soupçonné dans une affaire criminelle aux Pays-Bas liée à des trafics de drogue dans lesquels il aurait assuré la logistique. Il a été arrêté en 2015 lors d’une opération policière majeure à Roosendaal.


Chaou a vécu alternativement au Maroc et aux Pays-Bas. Dans les années quatre-vingt, il aurait fait fortune là-bas, ajoute le journal néerlandais. Il possédait, entre autres, une entreprise de construction et un café à Roosendaal. Les autorités ont classé l’affaire parce que la loi sur la vente de drogues douces n’a pas été violée.


Début 2000, le Roosendaalien marocain est retourné dans son pays pour investir dans le secteur du tourisme. En 2007, il fait ses premiers pas en politique. Il devient alors député pour le Parti Al Ahd, le « parti de la promesse », avant de rallier le PAM sous la houlette d’Ilyas El Omari dont il est un proche parent.


L’homme est également la force motrice du « Mouvement du 18 septembre pour la libération de la République Rifaine » (M18-S), un groupuscule séparatiste qui tente de s’identifier au Hirak alors qu’il prône, contrairement au noyau marocain du mouvement social, la sécession du Maroc faisant valoir l’histoire de la région et le combat contre le protectorat espagnol mené par Abdelkrim El Khattabi.

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