Transition verte Mbarka Bouaida engage Guelmim-Oued Noun sur un plan vert de 18,3 MMDH à financer
Sur le papier, la trajectoire est spectaculaire. La région de Guelmim-Oued Noun, l'une des plus vastes et des moins peuplées du Maroc, vient de se doter d'un Plan d'action ville verte (PAVV) qui chiffre à 18,3 milliards de dirhams (MMDH) les investissements en capital nécessaires pour verdir ses infrastructures d'ici 2035. À ce montant s'ajoutent 5 MMDH de dépenses de fonctionnement cumulées sur 5 ans. Le plan promet plus de 5 900 emplois directs et l'évitement d'environ 730 000 tonnes de CO₂ par an.
Élaboré par le cabinet d'ingénierie britannique Arup, en partenariat avec Southbridge A&I, pour le compte du Conseil régional (RGON) et financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) via le Fonds pour l'environnement mondial, le document, finalisé le 6 juillet, constitue la feuille de route la plus détaillée jamais produite pour ce territoire saharo-atlantique. Il traduit l'adhésion, en 2024, de la région au programme Villes Vertes de la BERD, la première collectivité régionale du Maroc à y entrer, et la première du pays à bénéficier d'un prêt en dirhams d'une institution financière internationale. La démarche avait été amorcée dès 2023 par un premier prêt de la banque, de 130 millions de dirhams (MDH), destiné à l'eau potable rurale et à la modernisation de quatre stations d'épuration à Guelmim, Lakhssas, Tan-Tan et Mirleft.
Mais derrière l'ampleur des chiffres, une réserve structure tout le reste : le PAVV est un catalogue costé d'intentions, pas un plan de financement. Les auteurs le disent sans détour : la composition du tour de table « sera précisée à l'étape de pré-faisabilité de chaque action ». Hormis le prêt initial de la BERD, l'immense majorité de cette enveloppe reste à trouver, et le plan lui-même renvoie cette question à plus tard.
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