Le bloc notes de la rédaction
50 Cent fait vibrer Mawazine : une odyssée hip-hop à l’OLM Souissi
Il est 21h à l’OLM Souissi lorsque les premières notes de What Up Gangsta déchirent l’air, déclenchant une clameur instantanée. Samedi soir, dans le cadre de la 20ᵉ édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde, 50 Cent a livré un concert mémorable, réunissant plusieurs générations autour d’un répertoire devenu légendaire. Dès son entrée en scène, l’artiste impose sa stature. Casquette vissée, voix grave, gestuelle assurée : le temps semble suspendu, et le public embarqué pour un voyage musical au cœur des années 2000.
Avec une puissance scénique saisissante et un flow toujours aussi affûté, Curtis « 50 Cent » Jackson a enchaîné les morceaux iconiques, puisés dans ses albums les plus marquants. Des hymnes de Get Rich or Die Tryin’ comme In da Club ou 21 Questions, aux tubes de The Massacre tels que Candy Shop, Disco Inferno ou Just A Lil Bit, chaque morceau a soulevé des vagues d’enthousiasme, repris en chœur par une foule survoltée. Dans cette communion entre l’artiste et son public, les refrains scandés résonnaient comme autant de souvenirs d’une époque où le rap dictait les codes de la pop culture.
Mais le spectacle ne se résumait pas à la nostalgie. Soutenu par une mise en scène millimétrée, des effets lumineux percutants et une énergie débordante, 50 Cent a prouvé qu’il restait un showman accompli, capable de captiver les foules sans artifices superflus. À travers cette performance à la fois physique et émotionnelle, il a rappelé pourquoi son nom demeure étroitement associé à l’âge d’or du hip-hop, celui des G-Unit, des battles légendaires et des clips devenus cultes.
Cette soirée a aussi souligné la trace profonde que l’artiste a laissée sur l’histoire du rap mondial. En vingt ans de carrière, 50 Cent n’a cessé de réinventer sa trajectoire : de la rue à la scène, puis de la musique à l’écran et aux affaires. Vendu à plus de 30 millions d’exemplaires, son répertoire continue d’inspirer et de fédérer. En l’espace d’une heure et demie, il n’a pas seulement offert un concert, mais une célébration vivante de l’héritage hip-hop, dans toute sa force identitaire et sa portée universelle.
La présence de 50 Cent à Mawazine, dans un OLM Souissi plein à craquer, témoigne aussi de l’attractivité intacte du festival marocain, désormais établi comme un carrefour culturel incontournable. Placée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, la 20ᵉ édition du festival se tient du 20 au 28 juin à Rabat et Salé, réunissant des stars internationales et arabes dans une programmation aussi éclectique qu’ambitieuse.
Créé en 2001, Mawazine est aujourd’hui le deuxième plus grand événement musical au monde, attirant chaque année des millions de spectateurs. La prestation de 50 Cent s’inscrit dans cette dynamique, confirmant le rôle du festival en tant que vitrine de dialogue artistique global, où l’histoire du rap américain croise celle d’un public marocain en quête d’authenticité, de rythme… et d’émotion.
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