Le bloc notes de la rédaction
Saber Rebaï, une ode au Tarab pour les 20 ans de Mawazine
Dans une atmosphère feutrée empreinte de nostalgie et d’élégance, l’artiste tunisien Saber Rebaï a offert, vendredi soir au Théâtre National Mohammed V de Rabat, une performance magistrale qui a ravi les amateurs de grande chanson arabe. Dans le cadre de la 20ᵉ édition du Festival Mawazine – Rythmes du Monde, l’interprète à la voix d’or a redonné vie, le temps d’un concert somptueux, à l’âge d’or du Tarab, mêlant répertoire personnel et hommages vibrants au patrimoine musical marocain.
La soirée s’est ouverte avec une prestation en solo de l’orchestre, instaurant d’emblée une ambiance à la fois raffinée et solennelle. Peu après, dans une mise en scène soignée, Saber Rebaï a fait une entrée majestueuse, accueilli par une salve d’applaudissements d’un public conquis d’avance, impatient de retrouver cette voix emblématique qui a tant marqué les cœurs arabes au fil des décennies.
Dès les premières notes de El Basha, l’un de ses titres phares, l’artiste a enflammé la scène, installant une communion immédiate avec les spectateurs. Enchaînant avec Bebassata, A’atayer, Ya Assal et Asheq Maghrom, Saber Rebaï a déployé tout son répertoire de ballades romantiques et de chants enlevés, offrant une traversée musicale aux couleurs riches et variées, portée par une diction limpide et une sensibilité à fleur de voix.
Mais c’est dans l’interprétation de E’z El Habayeb et Khalas Tarak que l’artiste a véritablement transcendé la scène, dialoguant avec un public entièrement acquis à sa cause, reprenant les refrains à l’unisson dans une ambiance à la fois chaleureuse et respectueuse, fidèle à l’esprit du Tarab, cette extase musicale où l’auditeur s’abandonne à l’émotion pure.
Moment fort de la soirée, Saber Rebaï a tenu à rendre hommage à la richesse du patrimoine marocain en reprenant avec émotion deux chefs-d’œuvre emblématiques : Marsoul El Hob d’Abdelwahab Doukkali et Alach ya Ghzali de feu Maâti Benkacem. À travers ces reprises pleines de justesse et de délicatesse, il a célébré l’héritage musical du Royaume tout en tissant un pont artistique entre la Tunisie et le Maroc.
Entouré d’un orchestre dirigé avec brio par le maestro Kais Melliti, Saber Rebaï a su marier les sonorités classiques du Tarab à des arrangements contemporains subtils, créant une esthétique sonore d’une grande richesse. La complicité entre l’artiste et ses musiciens, tout comme la précision de l’exécution, ont été saluées par des salves d’applaudissements nourris.
Pour clore cette soirée d’exception, le chanteur a interprété Barsha, ultime offrande d’un artiste au sommet de son art, qui continue, après plus de trois décennies de carrière, à incarner la quintessence de la chanson arabe dans ce qu’elle a de plus noble et de plus exigeant.
Organisé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, le Festival Mawazine – Rythmes du Monde, qui se poursuit jusqu’au 28 juin, continue de faire vibrer Rabat et Salé au rythme des plus grandes voix de la scène arabe et internationale, dans une célébration festive de la musique comme langage universel de partage et d’émotion.
©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.
