ExplorationLe Britannique Critical Mineral Resources envisage sa première mine de cuivre au Maroc dès 2027
La junior britannique Critical Mineral Resources (CMR) a fait état d’avancées notables dans son programme de forage sur le site d’Agadir Melloul, dans la province de Taroudant. Depuis le lancement des opérations début septembre, 20 forages ont été complétés, principalement sur la zone dite Zone 1 Nord. Selon les observations de terrain, plus de 60 % de ces forages révèlent une minéralisation visible en cuivre, confortant l’hypothèse d’un gisement proche de la surface, d’une épaisseur moyenne comprise entre 2,0 et 2,5 mètres, et présentant une teneur estimée entre 1,0 % et 1,2 % en équivalent cuivre.
Les échantillons sont actuellement analysés dans les laboratoires d’Afrilab à Marrakech, et les premiers résultats d’essai sont attendus d’ici la mi-novembre. Les premiers indices indiquent une continuité de la minéralisation sur près de 750 mètres le long du filon principal, ouverte vers le sud et ponctuée d’une brève zone à plus faible teneur d’environ 300 mètres avant de retrouver une concentration plus soutenue en cuivre.
Cette zone forée ne représente encore que moins de 1 % des 50 km2 de calcaire ciblé par le programme d’exploration, ce qui laisse entrevoir un potentiel considérable d’extension. Le PDG de CMR, Charles Long, souligne : « Commencer le forage en septembre et annoncer les premiers résultats en novembre montre un rythme d’exécution remarquable. Nous restons pleinement sur la trajectoire d’une étude de faisabilité l’an prochain, tout en continuant à explorer pour une découverte d’envergure stratégique ».
La société confirme son objectif de délimiter, d’ici fin du premier trimestre ou début du deuxième trimestre 2026, les ressources nécessaires à la construction d’une mine initiale (Initial Mine) d’une capacité prévue de 650 à 1 000 tonnes par jour. Cette première exploitation viserait une réserve comprise entre 2,5 et 3,0 millions de tonnes pour une durée de vie estimée à dix ans.
L’étude de faisabilité est prévue pour mi-2026, avec un lancement de la construction envisagé en 2027. CMR précise que son accord d’« earn-in » exige au minimum une capacité de 650 tonnes/jour, mais que la direction vise une production quotidienne supérieure à 1 000 tonnes pour optimiser la rentabilité de l’opération.
Parallèlement à la préparation de la première mine, CMR poursuit son programme d’exploration à grande échelle sur une superficie totale de 80 km2, dont 50 km2 de calcaire porteur. L’objectif est de définir une cible d’exploration initiale comprise entre 20 et 25 millions de tonnes à 1,2 % de cuivre équivalent, fondée sur une zone de 5 km2 présentant une épaisseur moyenne de 2 mètres.
Pour accélérer ce chantier, l’entreprise prévoit d’exploiter deux foreuses diamantées avant la fin de 2025, auxquelles viendra s’ajouter une troisième unité selon les résultats obtenus. Son propre appareil de forage, actuellement en transit dans les eaux marocaines, doit arriver sur site en décembre, ce qui permettra d’accroître la productivité tout en réduisant les coûts d’exploration. Une fois débarqué et dédouané, un communiqué spécifique détaillera les opérations prévues.
CMR a également annoncé la mise au jour récente d’une importante veine cuivre-argent, reliée à une ancienne exploitation minière à haute teneur. Bien que ce gisement ne fasse pas partie du cœur du projet initial, il pourrait, selon la direction, représenter une source de minerai de complément précieuse pour l’équilibrage futur de la production.
« Agadir Melloul est un projet d’envergure et à fort potentiel, qui continuera à générer des découvertes et des résultats positifs pour nos actionnaires, notre partenaire local et l’ensemble des parties prenantes », a déclaré Charles Long.
CMR, cotée à la Bourse de Londres s’est spécialisée dans les métaux critiques indispensables à la transition énergétique mondiale, notamment le cuivre, considéré comme un pilier de l’électrification et des technologies vertes. Le groupe a choisi le Maroc comme base stratégique en raison de son cadre réglementaire favorable, de sa proximité avec l’Europe et de la qualité de ses infrastructures.
En 2023, CMR a acquis 80 % de la société marocaine Atlantic Research Minerals, spécialisée dans les services géologiques et d’exploration. Deux ans plus tard, en 2025, l’entreprise a signé un accord de coentreprise lui permettant de détenir jusqu’à 60 % du projet de cuivre et d’argent d’Agadir Melloul, confirmant son ancrage durable dans le royaume.
Avec ces nouveaux résultats, CMR se positionne parmi les acteurs clés du renouveau minier marocain, porté par la demande mondiale croissante en métaux essentiels à la décarbonation. L’annonce des analyses prévue pour la mi-novembre sera un jalon décisif pour valider le potentiel industriel du projet et son rôle dans la nouvelle cartographie mondiale des minerais critiques.
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