S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk

Le bloc notes de la rédaction

Mayada El Hennawy illumine le Théâtre National Mohammed V lors de la 21ᵉ édition du Festival Mawazine – Rythmes du Monde
Concert

Mawazine : Mayada El Hennawy ravive la flamme du tarab à l’ouverture du festival

20.06.2026 à 15 H 34 • Mis à jour le 20.06.2026 à 15 H 34 • Temps de lecture : 5 minutes
Par
La diva syrienne a inauguré, vendredi soir, la 21e édition de Mawazine-Rythmes du Monde au Théâtre National Mohammed V de Rabat, offrant à un public conquis une plongée dans l'âge d'or de la chanson arabe

Il aura suffi de quelques mesures pour que le Théâtre National Mohammed V de Rabat bascule, vendredi soir, dans une autre époque. En montant sur scène pour ouvrir la 21e édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde, Mayada El Hennawy a été accueillie par une salve d'acclamations, celle que l'on réserve aux légendes. Figure emblématique de la scène musicale arabe depuis les années 1970, la chanteuse syrienne a déroulé une sélection de ses plus belles œuvres, transformant ce concert d'ouverture en une soirée mémorable, suspendue entre nostalgie et ferveur.


Une plongée immédiate dans l'âge d'or du Tarab

Dès les premières notes, le ton est donné. La diva entame la soirée avec « Habena we ethabena  » puis « El Shams », deux titres qui replongent aussitôt l'assistance dans l'âge d'or du tarab. Cette esthétique exigeante de la chanson arabe classique, où la voix se fait à la fois récit et émotion, ravive la flamme de la nostalgie chez des spectateurs de toutes les générations.


L'accueil est à la hauteur de l'icône. La foule, nombreuse, multiplie les applaudissements nourris et les youyous, dans une chaleur qui ne se dément pas. Le geste qui scelle la communion : lorsque Mayada El Hennawy arbore sur scène le drapeau national marocain, l'enthousiasme du public atteint un premier sommet.


« Kan Ya Makan », le moment de communion

Le point culminant de la soirée survient avec « Kan Ya Makan », l'un des titres incontournables de son répertoire. Reprise en chœur par la salle, l'œuvre suscite une vive émotion et transforme l'espace du concert en un véritable moment de communion artistique entre la diva et son public.


L'intensité ne retombe pas. L'artiste enchaîne avec « Ana Baashaak », l'un des morceaux les plus appréciés de son répertoire. Portés par la profondeur des paroles, les spectateurs se laissent emporter par ce moment de tarab authentique, ponctué d'ovations chaleureuses. L'émotion est encore au rendez-vous avec « Fatet Sana », classique parmi les plus aimés de sa discographie, qui referme la parenthèse sur une atmosphère empreinte de nostalgie et d'admiration.


« Une place particulière et chère » pour le public marocain

En marge de ce concert d'ouverture, Mayada El Hennawy s'est confiée à la presse sur sa relation avec le Royaume. Le public marocain occupe, a-t-elle affirmé, « une place particulière et chère  » dans son cœur. La chanteuse a salué la finesse de l'oreille musicale de ses admirateurs marocains et l'accueil chaleureux qui lui est réservé à chacune de ses visites.


Les mélomanes du Royaume, a-t-elle souligné, ont toujours manifesté un attachement indéfectible à son répertoire, à l'art et au tarab authentiques. La diva a également tenu à exprimer sa profonde gratitude au Roi Mohammed VI pour la haute sollicitude dont Il entoure le festival et les artistes qui y participent.


Dans le sillage des grands maîtres

Revenant sur les moments marquants de son parcours, Mayada El Hennawy a rappelé le privilège d'avoir collaboré avec plusieurs figures emblématiques de la musique arabe, au premier rang desquelles Mohamed Abdel Wahab et Baligh Hamdi. Une fréquentation qui a contribué, selon elle, à façonner son identité artistique et à enrichir son répertoire.


De ces grands maîtres, l'icône du tarab dit avoir retenu la modestie, la discipline artistique et la volonté constante de préserver la qualité de la production musicale. Elle a notamment souligné le rôle déterminant joué par le compositeur Baligh Hamdi dans le lancement de sa carrière, lui qui lui a offert plusieurs œuvres devenues des classiques de la chanson arabe, à l'image de « Ana Baashaak », « Kan Ya Makan » et « Habena we ethabena ».


D'Alep à la consécration

Issue d'une famille de férus de musique, Mayada El Hennawy naît à Alep en 1959. Très jeune, elle écoute les chansons d'Oum Kaltoum et apprend le chant. Sa rencontre avec Mohamed Abdel Wahab, qui la prend sous son aile, marque le point de départ d'une carrière des plus réussies dans la musique arabe.


Considérée comme l'un des plus grands noms de la scène arabe, elle s'est imposée face aux artistes de sa génération grâce à une voix aussi magnifique qu'originale. Tout au long de son parcours, elle a jalonné sa discographie d'albums devenus des références : « Tawrat achark » (1986), « Alayali » (1990), « Al Hal Al wahid » (1991), « Gualak Kalami » (1994) ou encore « Irfou Ezay » (2004).


Mawazine, vitrine d'ouverture culturelle

Placé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, le Festival Mawazine-Rythmes du Monde se tient du 19 au 27 juin à Rabat et Salé. L'événement continue de s'imposer comme un rendez-vous artistique mondial, réunissant de grandes stars internationales et arabes tout en mettant à l'honneur les talents marocains. Une programmation qui incarne, à travers la musique, les valeurs d'ouverture et d'échanges culturels portées par le festival et que la voix de Mayada El Hennawy, le temps d'une soirée, aura magnifiquement inaugurées.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Par
Le Desk Culture