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Le bloc notes de la rédaction

Mawazine 2026 : Stonebwoy retrouve le public sur la scène Bouregreg pour une soirée placée sous le signe de l'énergie
Concert

Stonebwoy, alchimiste de l’Afro-Dancehall, conquiert le Bouregreg

21.06.2026 à 14 H 57 • Mis à jour le 21.06.2026 à 14 H 57 • Temps de lecture : 5 minutes
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Le « roi de l'Afro-Dancehall » a livré samedi soir un concert incandescent sur la scène du Bouregreg, point d'orgue panafricain de la 21e édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde. La veille, en conférence de presse, la star ghanéenne avait livré sa profession de foi : porter la musique du continent vers le monde et bâtir des passerelles inédites entre le Ghana et le Maroc

Il y avait, samedi soir sur les rives du Bouregreg, quelque chose qui dépassait le simple concert. Quand Stonebwoy a foulé les planches, porté par les percussions d'une troupe de Dakka Marrakchia et escorté d'une haie d'honneur de jeunes femmes brandissant fièrement les drapeaux du Maroc et du Ghana, la scène a cessé d'être une scène pour devenir un manifeste. Celui d'une fraternité maroco-ghanéenne mise en images dès les premières secondes, et d'un artiste qui ne cache plus son attachement au Royaume.


Devant une foule en liesse qui avait pris possession de l'esplanade bien avant le coucher du soleil, la star ouest-africaine a déroulé l'étendue d'un répertoire pensé comme un voyage. Véritable alchimiste des sons, Stonebwoy a entremêlé les cadences frénétiques de l'Afrobeats, les vibrations telluriques du Dancehall et du Reggae et l'allégresse du Highlife, faisant monter d'un cran, à chaque titre, une interaction avec le public qui n'a cessé de croître en intensité. Le lauréat des prestigieux BET Awards a transformé son concert en tribune, scandant des hymnes à la paix et à l'unité, fil rouge d'une œuvre qu'il revendique fédératrice avant tout.


Une trajectoire scellée par un sacre américain

La veille, en conférence de presse, l'artiste s'était fait plus disert sur le chemin parcouru. De son vrai nom Livingstone Etse Satekla, né en 1988 à Ashaiman, dans la banlieue d'Accra, et patron de son propre label Burniton Music Group, Stonebwoy a désigné sans hésiter son sacre aux BET Awards comme le véritable catalyseur de sa carrière internationale.


Le tournant a son histoire. En 2015, dès sa première nomination, il décrochait le trophée du Best International Act : Africa, devançant un plateau impressionnant où figuraient ses compatriotes Sarkodie, mais aussi les Nigérians Wizkid et Yemi Alade ou le Congolais Fally Ipupa. Une reconnaissance qui braquait, pour la première fois avec cette force, le projecteur sur un genre encore peu balisé : un cocktail détonant mêlant Highlife, Dancehall, Reggae et Afrobeats, que l'artiste a depuis hissé au rang de signature.


Loin des sonorités traditionnelles classiques, Stonebwoy se positionne en « porteur de flambeau  » d'une musique d'origine noire résolument hybride, énergique et rassembleuse. La formule n'est pas qu'une image : son dernier album en date, The Torcher (« le porteur de flambeau »), paru en septembre 2025, file précisément cette métaphore d'un feu à transmettre et d'une lumière à faire briller. Une cohérence d'artiste qui, depuis sa signature en 2022 chez Def Jam Recordings Africa, n'a cessé d'épaissir un catalogue où Epistles of Mama, Anloga Junction ou 5th Dimension dessinent l'amplitude d'un même projet.


« La loyauté et l'amour véritable priment sur les liens du sang »

Citant les paroles de l'un de ses nouveaux titres, l'artiste a mis en exergue des thématiques qu'il veut universelles, la paix, l'unité, la fraternité et résumé sa philosophie d'une formule lapidaire : « la loyauté et l'amour véritable priment sur les liens du sang ». Une déclaration de principe qui irriguera, quelques heures plus tard, l'ensemble de sa prestation scénique.


C'est cette même conviction qui sous-tend son rapport au Maroc. De passage pour la cinquième fois dans le Royaume, Stonebwoy s'est réjoui de retrouver un public qu'il connaît désormais bien, et a vu dans Mawazine une vitrine exceptionnelle pour « pousser l'Afrique vers le monde  ». L'ambassadeur de la musique ouest-africaine n'a d'ailleurs pas caché son ambition de tisser des ponts artistiques inédits entre son pays natal et le Maroc. En quête de collaborations pour s'ouvrir au marché local, il s'est montré particulièrement réceptif aux propositions de l'assistance, notamment l'idée d'un featuring avec la jeune star marocaine Jaylann.


Avant de donner rendez-vous à ses fans pour un show qu'il promettait explosif, l'artiste a lancé un appel vibrant à continuer de soutenir la musique africaine, invitant le public à élargir ses horizons pour profiter pleinement d'une diversité artistique qui, selon ses mots, « domine aujourd'hui le monde ».


Le Bouregreg, carrefour des cultures

La promesse fut tenue. Cette performance de haut vol sur les rives du Bouregreg illustre, mieux qu'un long discours, la vocation d'un festival devenu carrefour mondial des cultures. En offrant une vitrine de choix à l'hybridation, à la vitalité et au rayonnement international de la musique africaine contemporaine, Mawazine confirme sa capacité à faire dialoguer les scènes et les publics.


Placé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, le Festival Mawazine-Rythmes du Monde se tient du 19 au 27 juin à Rabat et Salé. Pour sa 21e édition, l'événement continue de s'imposer comme un rendez-vous artistique mondial, réunissant de grandes stars internationales et arabes tout en mettant à l'honneur les talents marocains — incarnation, à travers la musique, de ces valeurs d'ouverture et d'échanges culturels dont la soirée de samedi aura offert l'une des plus belles illustrations.

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Le Desk Culture