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Le bloc notes de la rédaction

Le chanteur Nouamane Lahlou sur la scène du Théâtre national Mohammed V, dans le cadre de la 21e édition du Festival Mawazine - Rythmes du monde, le 23 juin 2026 à Rabat.
Mawazine

Nouamane Lahlou, le Maroc en partage au Théâtre Mohammed V

26.06.2026 à 10 H 31 • Mis à jour le 26.06.2026 à 10 H 31 • Temps de lecture : 4 minutes
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Devant une salle comble, Nouamane Lahlou a offert l'un des moments les plus chaleureux de cette 21e édition de Mawazine. Entre chansons patrimoniales et hommages, l'artiste a renoué avec un public fidèle qui le voit comme l'une des voix les plus emblématiques du Royaume

Il est des concerts qui relèvent davantage des retrouvailles que de la performance. Dans la soirée du mardi 23 juin, au Théâtre national Mohammed V, Nouamane Lahlou n'apparaissait pas comme un simple invité de la programmation de Mawazine. Pour le public rbati, comme pour les nombreux spectateurs venus d'autres villes, l'artiste est un visage familier, un habitué de cette scène où il s'était, au fil de sa carrière, produit à plusieurs reprises.


Dès son entrée, l'atmosphère avait quelque chose de singulier : les premières notes de Bladi Ya Zine Lboldan ont suffi pour installer cette proximité que peu d'artistes entretiennent avec leur public. Dans la salle, les paroles de la chanson étaient déjà sur toutes les lèvres.


Une cartographie sentimentale du Royaume

Pour cette soirée, Nouamane Lahlou a imaginé un spectacle conçu comme une traversée du Maroc. Plus qu'une succession de chansons, c'est une véritable promenade à travers les territoires, les mémoires et les imaginaires du pays qu'il a proposée. De Chefchaouen à Marrakech, d'Ouezzane aux portes du désert, chaque étape trouve son expression dans la musique,les images et les traditions populaires. Des danseurs et des formations folkloriques sont venus enrichir ce parcours, faisant apparaître sur scène la diversité culturelle qui compose l'identité marocaine.


Cette célébration des villes et des régions n'a rien d'anecdotique dans l'œuvre de Nouamane Lahlou. Depuis plusieurs décennies, le chanteur, auteur et compositeur construit un répertoire où les paysages, le patrimoine et la mémoire collective occupent une place centrale. Peu d'artistes ont autant chanté les villes marocaines, leurs histoires et les émotions qu'elles suscitent.


La voix de l'attachement au pays

Si Nouamane Lahlou demeure l'une des figures les plus populaires de la chanson marocaine, c'est aussi parce qu'il a su donner une expression musicale à un sentiment largement partagé : l'attachement à la terre natale. Ses chansons accompagnent depuis longtemps les célébrations familiales, les fêtes nationales et les grands rendez-vous populaires. Elles ont traversé les générations sans perdre leur pouvoir de rassemblement. Lmdina Lkdima, Radia ou encore Jbal Al Atlas appartiennent aujourd'hui à un patrimoine affectif que le public s’est spontanément approprié.


Cette relation privilégiée avec les spectateurs s'est manifestée tout au long de la soirée, notamment lorsque l'artiste a rendu hommage à Abdelwahab Doukkali. Revisiter les œuvres d'une telle figure revient toujours à prendre un risque. Mais l'exercice a été accueilli avec émotion par une salle sensible à cette transmission entre générations d'artistes.


Un dialogue musical sans frontières

Le concert a également laissé une place à l'ouverture sur le monde arabe. En rapprochant plusieurs classiques marocains d'un morceau du répertoire d'Oum Kalthoum, Nouamane Lahlou a rappelé les liens historiques qui unissent les grandes traditions musicales de la région. Puis est venu le temps des demandes du public. Dans un échange spontané avec la salle, l'artiste a laissé les spectateurs choisir les dernières chansons du programme. Les refrains ont alors envahi le Théâtre national Mohammed V, transformé en vaste chœur populaire. Et pour conclure, le chanteur est apparu enveloppé dans le drapeau national avant d'interpréter Nabd Al Bilad. Une image forte pour refermer une soirée placée sous le signe du partage.


Au sein d'un festival souvent dominé par les grandes vedettes internationales, Nouamane Lahlou a rappelé qu'il existe aussi des artistes dont la longévité repose sur un lien singulier avec leur public. Un lien tissé au fil des années, des chansons et d'un amour du Maroc qu'il continue de porter sur scène avec une inaltérable ferveur.

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Le Desk Culture