n°1259.Avocats : la réforme ou la robe
Ce lundi 6 juillet, dès 11h00 du matin, des essaims de robes noires ont investi l'avenue Mohammed V, face au Parlement. Des 17 barreaux du Royaume, les avocats ont répondu à l'appel de l'Association des barreaux du Maroc (ABAM) pour dénoncer le projet de loi 66.23 portant organisation de la profession. Aux côtés des manifestants se trouvent aussi plusieurs représentants de la Coalition marocaine des droits humains, dont l'ABAM est membre, venus exprimer leur soutien à combat qualifié « d’existentiel ».
Après une première grève prolongée en début d’année, suivie d'un premier sit-in devant le Parlement le 6 février dernier, les avocats avaient repris leurs activités, pensant être parvenus à un accord avec le ministère de la Justice sur le texte de loi controversé. Adopté en première lecture par la Chambre des représentants le 19 mai 2026, ce dernier a été approuvé en deuxième lecture le 2 juillet par la Commission de la justice, de la législation, des droits de l’Homme et des libertés de la Chambre des représentants. Un pas législatif que les avocats considèrent comme la trahison des engagements tenus par le ministère de la Justice.
Une crise de confiance
« Cette loi porte atteinte aux fondements mêmes de la profession d'avocat. Nous pouvons même appeler cela de la violence législative, une vengeance législative, voire une punition législative envers les avocats marocains », avait lancé le bâtonnier Houcine Ziani, président de l’ABAM, lors d’une conférence de presse tenue le 29 juin. « Nous n'avons jamais été contre le principe de réforme. Le gouvernement avait d’ailleurs une occasion historique de rédiger un bon texte de loi », insiste-t-il, désignant le projet de loi comme un « assassinat » de la profession.
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