Réglementation Farine subventionnée : comment le gouvernement va encadrer la campagne 2026‑2027
Le gouvernement pose le cadre applicable à la campagne 2026-2027 de la farine subventionnée, en balisant l’ensemble de la chaîne, de l’achat du blé tendre à la vente au consommateur. Le dispositif précise à la fois les modalités d’approvisionnement des minoteries, les conditions de fabrication, les règles de conditionnement et de traçabilité, ainsi que les niveaux de prix et de compensation.
Publié au Bulletin officiel, l’arrêté conjoint des ministères de l’Intérieur, de l’Agriculture et du Budget organise ainsi le fonctionnement du circuit pour la nouvelle campagne, en maintenant un encadrement étroit d’un produit de première nécessité. Il fixe également les modalités de distribution et de prise en charge du transport vers les centres bénéficiaires, avec des dispositions spécifiques selon la destination de la farine.
Un prix de cession du blé fixé à 258,80 DH le quintal
En amont, le blé tendre destiné à la production de farine subventionnée sera acquis par appels d’offres organisés par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL). Ces consultations sont ouvertes aux négociants en céréales, aux coopératives agricoles marocaines et à leurs unions ayant procédé aux déclarations prévues par la législation.
Le prix de cession de ce blé aux minoteries industrielles est fixé à 258,80 dirhams le quintal, sur la base des caractéristiques du blé tendre de référence définies par l’arrêté. Ce tarif pourra être ajusté à la hausse ou à la baisse en fonction de la qualité du produit, tandis que les lots ne respectant pas les seuils réglementaires pourront être refusés.
Le texte distingue deux catégories de farine subventionnée : la farine nationale de blé tendre et la farine spéciale. Leurs conditions de fabrication reposent sur des taux d’extraction respectifs de 81 % et 74 %.
Coûts de revient, prix de vente et compensation
Le coût de revient est arrêté à 325,375 dirhams le quintal pour la farine nationale, et à 342,432 dirhams pour la farine spéciale. Ce calcul intègre des frais initiaux de 2 dirhams par quintal moulu, une marge de mouture de 31,25 dirhams pour la farine nationale et de 31,61 dirhams pour la farine spéciale, ainsi qu’un prix de référence du son fixé à 150 dirhams le quintal.
À la vente, le prix public de la farine nationale subventionnée est plafonné à 200 dirhams le quintal sur l’ensemble du territoire, à l’exception des provinces du Sud, où il est fixé à 100 dirhams. Ce tarif demeure inchangé lorsque le consommateur achète la farine au détail, dans des quantités inférieures à 50 kilogrammes.
Hors provinces du Sud, le prix de la farine nationale fabriquée, conditionnée et livrée à la minoterie est fixé à 182 dirhams le quintal, tandis que le tarif appliqué aux grossistes est plafonné à 188 dirhams. Dans les provinces du Sud, le prix de la farine fabriquée non conditionnée et livrée à la minoterie est établi à 87 dirhams le quintal.
L’écart entre le coût de revient et le prix de sortie de la minoterie est couvert par la compensation. Celle-ci est fixée à 143,375 dirhams le quintal pour la farine nationale distribuée hors des provinces du Sud, à 238,375 dirhams pour la farine nationale destinée à ces provinces et à 255,432 dirhams pour la farine spéciale qui leur est réservée.
Conditionnement, traçabilité et transport
L’arrêté précise également les règles de conditionnement et de traçabilité. La farine subventionnée devra être emballée dans des sacs d’un poids net de 50 kilogrammes, dont le coût sera supporté par les minoteries industrielles, à l’exception des volumes destinés aux provinces du Sud.
Les sacs devront porter une bande verte de 10 centimètres sur leurs deux faces, ainsi qu’un numéro de série imprimé directement sur l’emballage ou sur l’étiquette qui l’accompagne. Pour la farine nationale distribuée hors des provinces du Sud, le prix de vente au public devra également être affiché de manière visible.
Enfin, l’État prendra en charge les frais de transport de la farine subventionnée entre les minoteries et les centres bénéficiaires. L’ONICL assumera également les dépenses de manutention et d’acheminement de la farine destinée aux provinces du Sud, depuis ses entrepôts jusqu’aux centres concernés.
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