Le bloc notes de la rédaction
Danyl, Meute… : Jazzablanca change de rythme
Il suffisait d'observer les premiers rangs pour comprendre que Danyl n'avait plus rien d'une découverte pour le public casablancais. Dès son arrivée sur la scène Casa Anfa pour cette première partie de concert, les refrains sont repris à l'unisson par des festivaliers qui connaissent les paroles par cœur. Le chanteur franco-algérien, formé au piano avant de faire ses armes comme beatmaker auprès d'artistes de la scène urbaine française, s'est imposé en quelques années comme l'une des figures de la nouvelle pop francophone. Son univers, où le rap mélodique dialogue avec le raï et la pop, trouve un écho particulier auprès d'un public jeune, présent en nombre à Anfa Park. Sans multiplier les effets, Danyl a privilégié la proximité avec ses fans, laissant parfois la foule terminer les refrains à sa place.
Meute fait danser la meute
A peine le temps que le public reprenne son souffle, la scène change radicalement de visage. Les onze musiciens de Meute apparaissent en uniforme rouge et noir. Quelques secondes plus tard, les premiers coups de caisse claire et les cuivres balaient les derniers repères d'un concert traditionnel.
Depuis sa création à Hambourg en 2015, le collectif allemand a bâti sa réputation sur une idée simple et redoutablement efficace : faire sortir la techno des clubs pour la confier à une fanfare acoustique. Trompettes, saxophones, trombones, soubassophone et percussions remplacent les platines, sans rien enlever à la puissance des morceaux.
Lundi soir, la recette a une nouvelle fois fait mouche. Sans adresser un mot au public, les musiciens ont laissé parler une mécanique parfaitement maîtrisée. À chaque montée en puissance, la foule répondait par des cris, des sauts et des applaudissements. En l'espace de quelques morceaux, la scène Casa Anfa s'est transformée en un immense dancefloor à ciel ouvert, porté par une énergie communicative qui a tenu le public en haleine jusqu'aux dernières notes.
La Scène 21 retrouve les racines du festival
À quelques dizaines de mètres de là, l'ambiance est tout autre. Plus feutrée, la Scène 21 rappelle que Jazzablanca reste avant tout un rendez-vous consacré aux musiques d'exploration.
Le trompettiste marocain Daoud a ouvert la soirée avec un quartet où jazz contemporain, électronique et improvisation se répondaient en permanence. Né à Nancy dans une famille de musiciens et formé au Conservatoire d'Amsterdam, il s'est imposé comme l'une des voix les plus prometteuses du jazz européen grâce à une approche qui brouille les frontières entre les genres. Son étonnant passage, alternant trompette et synthétiseur joués simultanément, a illustré cette volonté constante de repousser les limites de l'exercice.
Le relais a été assuré par Nubiyan Twist, collectif fondé en 2011 par le guitariste et producteur Tom Excell. Né à Leeds avant de s'installer à Londres, le groupe est aujourd'hui l'un des emblèmes du renouveau du jazz britannique. Afrobeat, soul, hip-hop, funk, reggae et électronique s'y entremêlent avec une remarquable fluidité. Les titres Carry Me, Pray For Me et plusieurs morceaux de Chasing Shadows ont progressivement fait basculer le public dans une longue célébration collective, entre grooves irrésistibles et larges espaces laissés à l’improvisation, en authentique signature Jazzablanca.
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