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Le bloc notes de la rédaction

Festival

De La Soul à Mawazine : un hommage vibrant au hip-hop humaniste

25.06.2025 à 16 H 36 • Mis à jour le 25.06.2025 à 16 H 38 • Temps de lecture : 3 minutes
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Mardi soir, sur la scène Bouregreg du Festival Mawazine, le mythique groupe américain De La Soul a offert un concert puissant mêlant classiques du hip-hop alternatif et énergie scénique contagieuse. Accompagnés du rappeur Pharoahe Monch, Posdnuos et Maseo ont célébré, face aux remparts des Oudayas, l’héritage d’un rap humaniste et joyeux, saluant le public marocain dans une ambiance à la fois festive et émotive

Au pied des remparts majestueux de la Kasbah des Oudayas, le légendaire groupe américain De La Soul a offert, mardi soir, une performance mémorable sur la scène Bouregreg à l’occasion de la 20ᵉ édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde. Dans un décor mêlant urbanité vibrante et patrimoine architectural séculaire, le duo new-yorkais a ravivé l’essence d’un hip-hop inventif, engagé et résolument tourné vers le partage.


Un show énergique aux sonorités organiques

Posdnuos et Maseo, seuls membres actifs du trio originel depuis le décès en 2023 de Trugoy the Dove, ont livré un set porté par l’énergie scénique et la générosité artistique qui ont fait la réputation du groupe depuis ses débuts en 1987. Le public, nombreux et intergénérationnel, a été emporté dans une traversée rythmique où beats old school, samples jazzy, groove funk et refrains participatifs ont dessiné un arc musical fidèle à l’univers unique de De La Soul.


Dès les premières mesures, la connexion avec le public a été immédiate. Les classiques Me, Myself and I, Ring Ring Ring (Ha Ha Hey), A Roller Skating Jam Named 'Saturdays’, The Magic Number ou encore Eye Know ont résonné avec une puissance intacte, réveillant autant la nostalgie des fans de la première heure que l’enthousiasme des curieux venus découvrir en live cette figure fondatrice du rap alternatif.


À leurs côtés, l’invité de la soirée, le rappeur Pharoahe Monch, a apporté une intensité vocale complémentaire, interprétant ses titres emblématiques tels que Oh No, The Light et The Life, prolongeant la veine lyrique et poétique partagée par les deux formations.


Une histoire de collectif, d’héritage et de transmission

Figure de proue du mouvement Native Tongues aux côtés de groupes comme A Tribe Called Quest ou Jungle Brothers, De La Soul s’est toujours distingué par un rap positif, teinté d’humour, de conscience sociale et de références à la culture afro-américaine dans sa pluralité. Le groupe a contribué à élargir les horizons du hip-hop, loin des clichés virilistes et belliqueux, en assumant une esthétique joyeuse, introspective et foncièrement collective.


Cette vision, les deux membres survivants la portent toujours, avec une ferveur renouvelée. Leur passage à Mawazine, l’un des rares concerts du groupe en Afrique depuis la disparition de Trugoy, s’inscrit comme un moment chargé d’émotion et d’universalité. En brandissant le drapeau marocain à la fin de leur performance, les artistes ont rendu un hommage chaleureux au public du royaume, salué par une ovation nourrie.


Un festival fidèle à sa promesse d’ouverture

Organisé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, le Festival Mawazine confirme, à travers cette soirée, sa capacité à conjuguer exigences artistiques et diversité musicale. Avec plus de deux millions de festivaliers par édition, il demeure l’un des plus grands rendez-vous culturels au monde, et une scène de choix pour des icônes comme De La Soul, dont la venue illustre à la fois la reconnaissance d’un héritage musical et la vitalité d’un dialogue culturel transatlantique.


Bouregreg, entre eau et pierre, aura été le théâtre d’un moment rare : la rencontre entre une légende du hip-hop conscient et un public marocain réceptif, curieux et vibrant. Une alchimie parfaite pour célébrer la musique comme vecteur de mémoire, de résistance et de communion.

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