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Le bloc notes de la rédaction

Concert

Trois générations du chaâbi réunies à Salé pour une nuit de fête mémorable

21.06.2025 à 19 H 04 • Mis à jour le 21.06.2025 à 19 H 04 • Temps de lecture : 4 minutes
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Sous les étoiles de Salé, le chaâbi a réuni ses héritiers et son maître pour une nuit de liesse partagée. Portée par la fougue de Hamza Senhaji, la virtuosité d’Adil El Medkouri et la puissance intemporelle de Hajib, cette veillée musicale a transcendé les générations, offrant au public un moment d’exception où mémoire populaire et fête collective ne faisaient plus qu’un

La scène de Salé de la 20e édition du Festival Mawazine s’est transformée, le temps d’une soirée, en une vaste agora populaire où la ferveur et la nostalgie se sont conjuguées avec une intensité rare. Hamza Senhaji, Adil El Medkouri et Hajib ont offert au public une prestation monumentale, tissant un lien puissant entre les générations à travers plus de trois heures de musique ininterrompue. Cette rencontre de talents, réunissant trois figures majeures du répertoire populaire, a su toucher au cœur d’un public en liesse, venu célébrer l’âme vivante du chaâbi.


Hamza Senhaji : émotion filiale et puissance scénique

C’est Hamza Senhaji qui a ouvert le bal dans un déferlement d’applaudissements. Dès les premières notes, il a installé une ambiance de fête, galvanisant les spectateurs avec ses tubes rythmés et son charisme naturel. Parmi les moments forts de sa performance, une version chaâbi de Di Ayza Kalam de Cheb Bilal, réorchestrée avec une énergie électrisante, a mis la foule en transe. Mais c’est en interprétant Aïcha, chanson culte de son père, le regretté Saïd Senhaji, que l’artiste a conquis les cœurs. Enveloppé d’une lumière tamisée, Hamza a livré un hommage sobre et poignant, salué par une ovation empreinte d’émotion.


Adil El Medkouri : virtuosité et modernité du chaâbi

Le relais est ensuite pris par Adil El Medkouri, qui entre en scène vêtu d’une veste étincelante, reflet d’un show millimétré. Armé de son violon, qu’il manie avec une agilité remarquable, il explore les registres du chaâbi avec une intensité rare. Sa voix chaude et enveloppante, dès les premières mesures de Chérie, déclenche une vague de souvenirs et de joie partagée. Le musicien parvient à fusionner les standards du genre avec des arrangements modernes, offrant au public un chaâbi raffiné et résolument contemporain.


Hajib : la légende de l’Aïta, entre puissance et transcendance

C’est dans un tonnerre d’acclamations que le maître incontesté de l’Aïta, Hajib, entre en scène. Drapé dans une gandoura safran éclatante, il impose immédiatement sa stature de légende. Sa voix grave et rocailleuse s’élève dès Aml Hbibi Ma Jach, suspendant le temps et enveloppant l’esplanade de Salé dans une transe collective. Son kachkoul musical, succession de chants traditionnels interprétés avec une maîtrise saisissante, fait de cette performance un moment de pure communion. La foule, transportée, répond par des youyous, des danses spontanées et des chants repris en chœur.


Au-delà de la performance individuelle de chacun des artistes, c’est bien l’esprit de transmission et de célébration du patrimoine qui a marqué cette soirée. En rassemblant trois générations d’interprètes, le concert a dessiné une fresque vivante de la musique marocaine populaire, entre ancrage et modernité. La scénographie lumineuse, les enchaînements fluides et l’interaction constante avec le public ont contribué à faire de ce rendez-vous un moment d’anthologie dans l’histoire du festival.


Mawazine, vingt ans de vibrations mondiales

La 20ᵉ édition de Mawazine-Rythmes du Monde, placée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, continue de s’imposer comme un espace unique de dialogue entre les cultures et les styles. Du 20 au 28 juin, Rabat et Salé accueillent les plus grandes figures de la scène internationale et arabe, dans un festival qui ne cesse de repousser les frontières de la programmation artistique. Depuis sa création en 2001, Mawazine attire plus de deux millions de spectateurs par édition, confirmant son statut de deuxième plus grand événement culturel de la planète. La soirée chaâbi de Salé, à la fois vibrante et fédératrice, en a été l’une des expressions les plus authentiques.

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