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Amina Benkhadra, DG de l'ONHYM.

n°1269.Gazoduc atlantique : le « first gas » pour le Maroc ne sera pas nigérian

24.07.2026 à 01 H 25 • Mis à jour le 24.07.2026 à 01 H 25 • Temps de lecture : 20 minutes
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Le premier gaz acheminé vers le Maroc, attendu en 2031, doit venir du Sénégal et de la Mauritanie, le raccordement au Nigeria relevant de phases ultérieures. Sur le papier seulement : aucune capacité de ce bassin n'est encore réservée au gazoduc, et l'ONHYM a repoussé sa décision d'investissement à 2027

Depuis le sommet de la CEDEAO du 19 juillet à Freetown, le Gazoduc africain atlantique est présenté comme entrant dans sa phase opérationnelle, et il l'est : l'accord intergouvernemental signé par les chefs d'État ouest-africains lui donne enfin le cadre juridique qui lui manquait depuis 2016. Mais la documentation technique disponible ( l'étude d'impact environnemental et social du tronçon marocain, les résultats trimestriels des opérateurs du bassin sénégalo-mauritanien, le plan directeur gazier nigérian) apporte des éclairages différenciants de ceux des communiqués.


Cette histoire, c'est la directrice générale de l'ONHYM elle-même qui l'a exposée le plus clairement. Interrogée par Reuters au début de l'année, Amina Benkhadra a décrit un ouvrage construit par segments : les premiers tronçons relieront le Maroc aux champs gaziers de Mauritanie et du Sénégal, un tronçon sud connectera le Ghana à la Côte d'Ivoire, et c'est un dernier segment qui reliera le Ghana aux gisements nigérians. La première production est attendue pour 2031. Autrement dit, dans la description de l'opérateur lui-même, le gaz nigérian n'arrive pas en premier : il arrive en dernier.


Le directeur du financement de projets de l'Office, Nawfal Drari, a détaillé cette séquence à Asharq Bloomberg au lendemain du sommet. La première phase commencera par le tronçon reliant le Ghana à la Côte d'Ivoire, mené en parallèle du tronçon allant du Sénégal jusqu'au nord du Maroc. Viendra ensuite la liaison entre le Nigeria et le Ghana, puis le raccordement de la Côte d'Ivoire au Sénégal, une dernière phase étant consacrée au relèvement de la capacité selon l'évolution de la demande commerciale. Le Nigeria n'entre donc en ligne qu'au deuxième temps d'une séquence qui en compte quatre, et la continuité physique entre le bloc sud et le bloc nord n'est établie qu'au troisième.


D'autres analyses situent ce comblement de l'intervalle, de San-Pédro à Kayar, à un horizon qui s'étend jusqu'en 2036 dans les scénarios les plus tardifs. La géographie donne la mesure de ce qui reste à faire : pour rejoindre le Sénégal depuis la Côte d'Ivoire, le tracé longe le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau et la Gambie. Ces cinq États sont, comme les autres membres de la CEDEAO, parties à l'accord de Freetown, et le cadre juridique les lie déjà. Mais aucun calendrier public, aucune décision d'investissement ni aucun financement ne sont à ce jour attachés à ce segment, quand le tronçon marocain, le plus avancé du corridor, attend lui-même encore la sienne.

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