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Ahmed Rahhou

n°966.L’essentiel du premier reporting de Rahhou sur les engagements pris par les pétroliers

05.04.2024 à 23 H 37 • Mis à jour le 05.04.2024 à 23 H 37 • Temps de lecture : 7 minutes
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Le Conseil de la Concurrence vient de rendre public son premier reporting relatif au suivi des engagements pris par les sociétés de distribution en gros du gasoil et d’essence dans le cadre des accords transactionnels conclus avec l'instance présidée par Ahmed Rahhou. Tour d’horizon de ses conclusions

Le Conseil de la concurrence, réuni en collège le 13 novembre 2023, avait approuvé les accords de transaction conclus avec neuf sociétés actives sur les marchés de l’approvisionnement, du stockage et de la distribution du gasoil et de l’essence et leur organisation professionnelle.


Ces accords prévoient, en plus du paiement d’une amende transactionnelle, la souscription, par chacune des sociétés concernées ainsi que leur organisation professionnelle, à un paquet d’engagements comportementaux visant à répondre aux préoccupations de concurrence soulevées par le Conseil présidé par Ahmed Rahhou et, par conséquent, améliorer le fonctionnement concurrentiel du marché des hydrocarbures.


Parmi ces engagements, la communication par chacune des sociétés concernées d’un reporting trimestriel permettant le suivi de l’activité d’approvisionnement, de stockage et de distribution du gasoil et de l’essence. En voilà les éléments saillants :

 

52,7 MMDH d’importations en 2023

Les importations du gasoil et d’essence ont connu durant les deux dernières années, une baisse significative de 21,5 %, en termes de valeur, passant de 66,3 milliards de dirhams (MMDH) en 2022 à près de 52,7 MMDH en 2023, pour presque un même niveau des importations en volume, fait savoir le Conseil de la Concurrence.


Cette baisse trouve ses origines dans la chute des cours des carburants raffinés à l’international et surtout, de ceux du Gasoil qui demeure le carburant le plus prépondérant dans les importations de notre pays avec près de 90 %, explique le Conseil de la Concurrence.


En matière de recettes de la Taxe intérieure de consommation (TIC), ces deux carburants ont rapporté au budget de l’État environ 18,34 MMDH en 2023, contre 18,42 MMDH en 2022, soit une légère baisse de 0,4 % (-78,6 millions de dirhams (MDH)), précise le Conseil.


Les recettes de la TVA ont, elles aussi, régressé, passant de 8,61 MMDH à 7,23 MMDH entre les deux dates, soit une diminution de 16 % (-1,39 MMDH), ajoute la même source.


Et de noter que le marché de l’importation a connu l’entrée de six nouveaux opérateurs entre 2022 et 2023, ayant induit une dynamique sur le segment de l’importation traduite par une baisse de 3,6 points des parts de marché des neuf sociétés concernées par le reporting, passant de près de 92,6 % en 2022 à environ 89 % en 2023.

 

 Les ventes en hausse de près de 3,75 % en 2023

Les ventes annuelles en Gasoil et Essence ont atteint près de 6,78 millions de tonnes, soit environ 8,12 milliards de litres en 2023, contre 6,53 millions de tonnes (environ 7,83 milliards de litres) en 2022, ce qui constitue un accroissement de près de 3,75 %, fait savoir le Conseil de la Concurrence.


Pour les ventes en valeur, et au défaut de disponibilité des données sur le chiffre d’affaires global réalisé sur le marché de distribution tous opérateurs confondus, seul le chiffre d’affaires des neuf sociétés concernées, représentant près de 90 % des importations globales et 83 % des volumes vendus, est retenu, précise le Conseil de la Concurrence dans un reporting relatif au suivi des engagements pris par les sociétés de distribution en gros du gasoil et d’essence dans le cadre des accords transactionnels conclus avec le Conseil.


Le chiffre d’affaires total des neuf sociétés, réalisé dans le segment de la distribution du gasoil et de l’essence (hors carburant marin) s’élève à 79 milliards de dirhams (MMDH) en 2023 contre 85 MMDH en 2022, soit une baisse d’environ 7 %.


Dans le détail, l’analyse de la répartition des ventes en volume par segment de clientèle au titre de l’année 2023 permet de noter que le réseau des stations-service, représente l’essentiel des ventes du gasoil et de l’essence des neuf sociétés concernées, avec une part moyenne pondérée de près de 75 %, alors que le canal B to B s’adressant à des clients professionnels représente 25 % du volume global vendu en gasoil et l’essence sur le marché national.


S’agissant de l’évolution du réseau de stations-service, il apparait que leur nombre total à fin 2023, a atteint 3 350 stations, dont environ 75 % sous l’enseigne des neuf opérateurs concernés, soit 2 491 stations-service.


Une capacité de stockage totale disponible de 1,47 MT

La capacité de stockage totale disponible au Maroc en gasoil et essence a atteint à fin 2023 près de 1,47 million de tonnes, dont 86 % concerne le gasoil, en accroissement de près de 12 % en glissement annuel, et de plus de 33 % par rapport à 2020, indique le Conseil de la Concurrence.


Les capacités de stockage des neuf sociétés actives sur les marchés de l’approvisionnement, du stockage et de la distribution du gasoil et de l’essence, n’ont connu aucun changement entre 2022 et 2023, à l’exception d’un seul opérateur, qui a enregistré une augmentation substantielle de plus de quatre fois, passant de 47 000 tonnes en 2022 à 200 000 tonnes à 2023, précise le Conseil de la Concurrence dans son reporting.


Cette évolution s’est traduite par une amélioration de 10 points (13,6 % vs 3,6 %) de la part de marché de cet opérateur en capacité de stockage et par une baisse des parts de marché des autres opérateurs sur ce segment de marché, souligne le Conseil.


Et de relever qu’entre 2022 et 2023, le marché de l’importation et de stockage du gasoil et d’essence a enregistré l’entrée de six nouveaux opérateurs, qui disposent chacun, d’une capacité de stockage de 2 000 tonnes, soit au total 0,82 % de la capacité de stockage totale du marché.


S’agissant du segment de la distribution, il a enregistré l’entrée de six nouveaux opérateurs entre 2022 et 2023, ayant obtenu l’agrément provisoire de reprise en raffinerie de produits pétroliers liquides pour exercer l’activité de distribution, ce qui porte le nombre total des opérateurs actifs sur ce segment à 35 opérateurs à fin 2023.


La variation des cotations à l’international n’impacte pas systématiquement les prix de vente

Le niveau de corrélation entre la variation des prix de vente, des cotations à l’international et des coûts d’achat pondérés varie selon les produits (gasoil ou essence) et entre les périodes d’une même année, fait remarquer le Conseil de la Concurrence.


Pour le gasoil, il existe une corrélation positive élevée entre la variation des cotations à l’international, les fluctuations des coûts d’achat et les variations des stocks, dans la mesure où le coefficient de corrélation, avoisine les 0,88, aussi bien pour le rapport prix de vente/cotations que celui prix de vente/coût d’achat, précise le Conseil de la Concurrence.


Cependant pour l’essence, le niveau de corrélation reste relativement faible, du fait qu’il se situe à près de 0,62 pour le rapport prix de vente/cotations et 0,78 pour celui du prix de vente/coût d’achat, indique le Conseil, notant que ce niveau de corrélation varie entre les périodes d’une même année vu que la répercussion des variations des cotations et des coûts d’achat pondérés sur les prix de vente au niveau national se fait, pour certaines périodes, à des cadences différenciées.


En effet, il a été constaté durant ces périodes, un décalage pour impacter ces variations, soit en lissant la répercussion de la hausse des coûts d’achat pondérés sur le prix de vente sur plusieurs périodes, soit en retardant l’application des variations sur le prix de vente en cas de baisse des cotations et du coût d’achat.


Ce constat peut s’expliquer, d’une part, par l’effet stock qui oblige les opérateurs, en cas de baisse, à écouler le stock des carburants achetés auparavant à des prix plus élevés et, d’autre part, par des effets de rattrapage entre les périodes de hausse et de baisse.


D’ailleurs, cette logique de rattrapage et de réajustement se confirme dans l’évolution des marges brutes, qui ont connu en 2023 deux périodes distinctes. D’un côté, le premier semestre de l’année, caractérisé par des niveaux de marges brutes faibles avec une moyenne de 0,40 DH/L pour le gasoil et 1,10 DH/L pour l’essence. De l’autre, le deuxième semestre, où les opérateurs ont consolidé à titre de compensation leurs niveaux de marges brutes en appliquant des niveaux supérieurs à ceux du premier semestre, soit 1,12 DH/L pour le gasoil et 1,64 DH/L pour l’essence.

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