EP. 8
En cours
n°1187.Quand les grossistes financent les pharmacies : le maillon faible de la distribution du médicament
Dans le débat public sur le médicament, on parle beaucoup des prix, de la couverture sociale, de l'industrie pharmaceutique. On parle rarement des grossistes-répartiteurs. Et pourtant, ce sont eux qui, chaque jour, achètent les médicaments aux laboratoires, les stockent, les conditionnent et les livrent aux quelque 14 000 pharmacies du Royaume, jusqu'à quatre fois par jour dans les grandes villes, deux fois dans les petites, une fois en zone rurale. Ils assurent à eux seuls 94 % des livraisons aux officines. Sans eux, la chaîne s'arrête.
L'avis du Conseil de la concurrence, adopté le 18 décembre 2025 et complété le 26 février 2026, consacre une analyse détaillée à cette distribution pharmaceutique que l'on croit souvent fluide et sans accroc. Le constat est tout autre. Derrière l'efficacité opérationnelle du réseau se cache une fragilité financière profonde, dont la manifestation la plus révélatrice est le rôle de banquier que les grossistes jouent, souvent malgré eux, auprès des pharmacies d'officine.
Un métier de service public, une rentabilité d'épicerie
Pour comprendre comment les grossistes en sont arrivés là, il faut d'abord comprendre comment ils sont rémunérés. Leur marge est réglementée et calculée proportionnellement au prix fabricant hors taxe de chaque boîte distribuée : 11 % du PFHT pour les médicaments des deux premières tranches de prix, et seulement 2 % pour les médicaments onéreux des tranches 3 et 4. Cette marge ne tient aucun compte des coûts logistiques réels — qu'il s'agisse du stockage, de la chaîne du froid pour les produits thermosensibles, du transport ou de la gestion des stupéfiants. Surtout, elle diminue mécaniquement à chaque baisse de prix des médicaments, alors que les coûts, eux, ne baissent jamais.
Abonnez-vous pour continuer la lecture
à partir de 40 dh par mois
(facturé annuellement)
Choisir une offre
