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Des camions de transport routier dans le Grand Sud saharien.

n°1211.Transport routier : pourquoi l’indexation, réclamée depuis quatre ans, reste lettre morte

16.04.2026 à 19 H 14 • Mis à jour le 17.04.2026 à 12 H 24 • Temps de lecture : 17 minutes
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Un projet de loi sur l'indexation des tarifs du transport aux prix du carburant dort dans les tiroirs du gouvernement depuis 2022. Quatre ans et des milliards de dirhams de subventions plus tard, le Maroc reste prisonnier d'une gestion de crise au coup par coup

Face à chaque flambée pétrolière, le même scénario se répète : l'État ouvre les vannes de l'aide directe, les professionnels encaissent, le débat s'éteint. Pourtant, un projet de loi sur l'indexation des tarifs du transport aux prix du carburant dort dans les tiroirs du gouvernement depuis 2022. Derrière ce blocage, un enchevêtrement d'intérêts, de craintes budgétaires et de fragilités structurelles qui en dit long sur la difficulté du Maroc à réformer un secteur vital.


Le rituel de la crise

Le scénario est désormais bien rodé. Les cours du pétrole s'envolent, le gasoil bondit à la pompe, les fédérations professionnelles montent au créneau, l'exécutif annonce une aide exceptionnelle, la pression retombe, jusqu'à la prochaine fois.


En mars 2026, le déclencheur est géopolitique. Les tensions au Moyen-Orient, consécutives aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran lancées fin février, provoquent un choc brutal sur les marchés pétroliers. Le Brent bondit de plus de 8 % pour dépasser les 85 dollars le baril dès le 3 mars, avec des inquiétudes sur la sécurité des approvisionnements transitant par le détroit d'Ormuz, par lequel passe environ un cinquième du pétrole mondial. Au Maroc, pays intégralement dépendant de l'importation d'hydrocarbures, la répercussion est immédiate : dans la nuit du 15 au 16 mars, le litre de gasoil bondit de deux dirhams, atteignant environ 12,80 dirhams (DH). L'essence progresse de 1,44 DH pour atteindre près de 13,93 DH.


Ce n'était que le début. Le 1er avril, une nouvelle hausse porte le gasoil à environ 14,50 DH (+1,70 DH) et l'essence au-delà de 15,50 DH (+1,57 DH). Le 16 avril, le gasoil franchit un nouveau palier avec une hausse supplémentaire d'environ un dirham, pour avoisiner désormais les 15,50 DH le litre. En un mois, le gasoil a ainsi pris près de 4,70 DH par litre, soit une envolée de l'ordre de 43 %.


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