JusticeAmine Naguib toujours détenu : sa défense dénonce « une stratégie de temporisation »
Arrêté le 2 janvier dernier, Amine Naguib, employé de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et connu aujourd'hui pour être le fiancé de la plaignante S.F dans l'affaire de viol et des « fils de », est toujours détenu à Casablanca.
Pour rappel, l'affaire de viol implique Kamil Bennis, un des actionnaires du groupe Laprophan, mais aussi M'hammed Alj, fils du patron de la CGEM, ainsi qu'une autre personne du nom de Saad Slaoui. Aujourd'hui en détention préventive et auditionnés par le juge d'instruction, Bennis est accusé de viol, tandis que Alj et Slaoui sont accusés de complicité de viol. Leurs demandes de liberté provisoire ont été refusées par le juge d'instruction en décembre dernier.
Arrêté pour avoir tenu des propos acerbes envers la défense de Slaoui, Naguib avait désigné le cabinet parisien de Me Hakim Chergui pour sa défense, tout en portant plainte contre le médecin responsable de la fuite de l’audio.
Aujourd’hui, Me Chergui s’exprime une nouvelle fois en faveur de son client. Il indique que celui-ci est toujours en prison, après avoir été présenté à un juge casablancais vendredi dernier. Selon l’avocat parisien, « on emprisonne et traite comme un criminel, une victime ».
Il accuse la plaignante d’user de tous les moyens pour « prolonger artificiellement la détention provisoire de M. Amin N » et dénonce alors une « stratégie de temporisation », avec l’objectif de « faire perdurer la pression sur la victime du viol afin qu'elle retire sa plainte ».
L’avocat souligne aussi la « paralysie » de la plainte déposée à l’encontre du médecin marocain, qui n’a, à ce jour, connu aucune suite. Il y a une dizaine de jours, le médecin accusé s’était montré à Marbella, au sud de l'Espagne. Pour Me Chergui, il ne comprend pas ce long traitement de la plainte, suspectant que le médecin circule librement à Casablanca. D'après des sources concordantes, celui-ci a affectivement été aperçu libre de ses mouvements à Casablanca. Il dénonce ainsi un « deux poids deux mesures » et remet en cause « l’indépendance objective du parquet dans cette affaire ».
Insistant sur l’absence de base légale quant à la détention d’Amine Naguib, à partir d’un audio obtenu déloyalement, la défense de Naguib « déplore vivement l'instrumentalisation de la justice à des fins comminatoires et l'image désastreuse pour son indépendance ainsi affichée aux yeux du monde ».
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