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Santé
Décès au CHR Hassan II d’Agadir : 17 cadres suspendus, les syndicats montent au créneau

08.10.2025 à 18 H 28 • Mis à jour le 08.10.2025 à 18 H 28 • Temps de lecture : 4 minutes
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À la suite des récents décès survenus au sein du service de maternité du Centre hospitalier régional (CHR) Hassan II d’Agadir, qui ont enclenché une série de manifestations ayant poussé le ministère à prendre une batterie de mesures pour remédier aux dysfonctionnements dont souffre cet établissement, la direction régionale de la Santé de Souss-Massa a annoncé la suspension provisoire de 17 cadres de santé.


Cette décision, indique des sources professionnelles, concerne quatre infirmiers anesthésistes-réanimateurs, neuf sages-femmes, deux médecins spécialistes en anesthésie-réanimation, ainsi que médecins en gynécologie-obstétrique. La mesure a immédiatement provoqué une vague de dénonciation parmi les syndicats du secteur, qui rejettent un recours « expéditif  » et « injustifié » à la sanction administrative, ainsi qu’un « ciblage injuste » des cadres de la santé.


Dans un communiqué, le bureau régional Souss-Massa du syndicat national de la santé publique (SNSP), relevant de la Fédération démocratique du travail (FDT), a ainsi dénoncé des « suspensions précipitées, ordonnées après un rapport de la direction sans tenir compte des problèmes structurels que connaît le secteur depuis des années  ».


Selon le syndicat, cette décision représente « une tentative manifeste d’imputer la responsabilité des dysfonctionnements structurels sur les professionnels de terrain, dans un contexte marqué par un manque dramatique de ressources humaines et matérielles et une surcharge de travail ».


Exprimant son « soutien absolu et inconditionnel aux cadres suspendus injustement », le syndicat appelle à un retour immédiat des cadres suspendus à leurs postes, avertissant que « toute atteinte à la dignité du personnel de santé sera confrontée à une riposte syndicale forte et inédite  ».


Le bureau du syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP) à la Faculté de médecine et de pharmacie d’Agadir a également publié un communiqué de soutien, condamnant les décisions de suspension qui ont inclus des professeurs, médecins spécialistes et résidents du CHU d’Agadir exerçant également dans le service maternité du CHR d’Agadir.


Le syndicat rappelle par ailleurs tous les précédents communiqués émis par ses bureaux locaux depuis l’arrivée de la première promotion des enseignants-chercheurs, et où il dénonçait « les conditions de travail précaires, le manque de matériel médical et la surcharge des services, qui n’ont cessé de s’aggraver faute de solutions concrètes ».


Le SNESUP assure que, malgré ces contraintes, ces professionnels « s’acquittent pleinement de leurs responsabilités professionnelles, en veillant à encadrer et accompagner leurs équipes médicales et paramédicales  ». Critiquant « la méthodologie de la commission d’enquête de la direction, qui n’a pas pris en compte les autres services confrontés à des cas similaires », le syndicat appelle par ailleurs à un rassemblement exceptionnel pour discuter des mesures à suivre et défendre les professionnels suspendus.


De son côté, le bureau universitaire du syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé (SII) à Souss-Massa dénonce une « décision arbitraire révélatrice du chaos et de l’inefficacité de la gestion du ministère de la Santé ».


Dans son communiqué, le syndicat estime que « les professionnels de santé sont devenus les boucs émissaires des échecs administratifs ». Dans ce sens, il qualifie ces mesures de « tentative manifeste de régler des comptes avec le personnel de terrain, sacrifiant les professionnels de santé pour masquer les graves failles du ministère dans la gestion de l’hôpital ».


Insistant sur la possibilité que « les causes des décès soient liées aux substances anesthésiques et non à un quelconque manquement des équipes », le syndicat annonce son intention de déployer toutes les formes de lutte légitimes pour « défendre la dignité » des infirmiers et techniciens de santé, et réclame une enquête « transparente et équitable » sur les décès et les dysfonctionnements du CHR Hassan II.

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