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Palais royal
Le Roi Mohammed VI accorde sa grâce aux supporters sénégalais condamnés lors de la CAN

23.05.2026 à 18 H 05 • Mis à jour le 23.05.2026 à 18 H 45 • Temps de lecture : 3 minutes
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Des supporters sénégalais tentant d'envahir le terrain lors de la finale de la CAN 2025.

Le Roi Mohammed VI a accordé une grâce royale aux supporters sénégalais condamnés pour des infractions commises lors de la Coupe d'Afrique des Nations, organisée par le Royaume du Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, selon un communiqué du Cabinet Royal.


La décision est présentée comme un geste motivé par des considérations humaines et par les relations fraternelles entre Rabat et Dakar, ainsi qu’à l’occasion de Aid Al Adha. Le communiqué rappelle les valeurs de clémence, de bienveillance, de générosité et de tolérance qui sous-tendent cette grâce, et fait état des vœux adressés par le Souverain au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu'aux autorités et au peuple sénégalais.


La décision concerne 18 supporters sénégalais interpellés à l'issue de la finale du 18 janvier, entre le Maroc et le Sénégal, au terme d'un match marqué par de vives tensions sur la pelouse et dans les tribunes. Poursuivis devant le tribunal de Rabat pour « hooliganisme » ( violences contre les forces de l'ordre, dégradations d'équipements sportifs, envahissement de la pelouse et jets de projectiles), ils avaient été condamnés en février à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme, assorties d'amendes.


La grâce intervient aussi dans un contexte politique sensible à Dakar. Le 22 mai, soit la veille de l'annonce, le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin par décret aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko, entraînant la dissolution de l'ensemble du gouvernement. Le décret présidentiel n°2026-1128, lu à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence Oumar Samba Ba, est d'application immédiate, le gouvernement sortant a été chargé d'expédier les affaires courantes en attendant la formation d'une nouvelle équipe.


L'ironie du calendrier tient à ce qu'Ousmane Sonko s'était lui-même publiquement positionné sur ce dossier. Lors d'une visite officielle à Rabat les 26 et 27 janvier, à l'occasion de la 15e session de la Grande Commission mixte de coopération sénégalo-marocaine coprésidée avec son homologue Aziz Akhannouch, il avait estimé que « le sport, si passionnant et passionné soit-il, ne peut résumer les relations entre les deux nations  », tout en refusant de qualifier son déplacement de simple voyage d'apaisement. Le lendemain, à Casablanca, il avait délivré un message d'apaisement devant la diaspora sénégalaise, première communauté étrangère résidant dans le Royaume.


Le ton s'était durci après les condamnations. Devant l'Assemblée nationale sénégalaise, le 24 février 2026, Ousmane Sonko avait déploré une affaire qui, selon lui, « dépasse le cadre du sport  » et avait évoqué deux issues possibles : « S'ils accordent une grâce, tant mieux. S'ils ne le font pas, il existe des accords d'extradition entre nos deux pays. » Il avait également affirmé : « Nous avons vraiment fait tout ce qui était en notre pouvoir », tout en rappelant que la souveraineté de chaque pays devait être respectée et que le Sénégal ne pouvait pas contraindre le Maroc à libérer les détenus.


C'est donc la première des deux hypothèses formulées par l'ancien Premier ministre qui se concrétise par la décision royale annoncée ce 23 mai, à un moment où Ousmane Sonko ne fait plus partie de l'exécutif sénégalais.

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