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RévélationsAffaire Samir : Cheikh Al Amoudi se met à dos le puissant groupe Carlyle

24.03.2016 à 16 H 19 • Mis à jour le 24.03.2016 à 16 H 25
Par Mehdi Michbal
Selon les attendus du jugement rendus par le tribunal de commerce de Casablanca, la Samir traîne une ardoise de 429 millions de dollars auprès d’une des filiales du groupe Carlyle. Un empire qui a compté au sein de son board de grands noms de ce monde, comme les Bush père et fils, le demi frère de Sarkozy, l’ancien directeur adjoint de la CIA Frank Carlucci, des membres de la famille Bin Laden, ou encore l’oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski. Pour récupérer ses billes, la puissante société d’investissement a engagé un avocat pas comme les autres : Me Hicham Naciri.

Alors que l’on croyait que les victimes de la déconfiture de la Samir se limitaient à quelques banques marocaines et internationales, certains traders pétroliers comme Gleencore, ou encore l’Etat à travers l’administration des douanes, voilà que le texte final du jugement produit par le tribunal de commerce de Casablanca nous apprend que l’américain Carlyle fait également partie de la longue liste des créanciers de Cheikh Al Amoudi.


Considérée comme la troisième plus grosse société d’investissement dans le monde après TPG Capital et la branche private equity de Goldman Sachs, Carlyle finançait depuis de longues années les expéditions de brut vers le raffineur marocain. « La Samir avait une ligne auprès de l’une des filiales de Carlyle, Carlyle commodity management, pour un plafond de 650 millions de dollars, contre des garanties personnelles de l’actionnaire Al Amoudi », explique un cadre financier du raffineur de Mohammedia.


Dans le jugement prononcé par le tribunal de Casablanca, qui retrace toute la liste des créanciers de la Samir, on apprend ainsi que le raffineur traîne une ardoise de plus de 429 millions de dollars auprès du fonds américain. Pour récupérer ses billes, ce dernier a d’ores et déjà obtenu une saisie conservatoire sur le fond de commerce de la Samir. Un jugement qu’il tente depuis d’exécuter au Maroc, en passant par la voie royale : recourir aux services de l’avocat du palais, Me Hicham Naciri.


Une procédure désormais bloquée, ou suspendue jusqu’à nouvel ordre, le temps de trouver une issue à la liquidation judiciaire prononcée en début de semaine par le tribunal de commerce de Casablanca.


Bush, Baker, Carlucci, Sarko et les autres

En plus de se mettre à dos l’Etat marocain, des banques comme Attijariwafa bank, Crédit Agricole, BNP Paribas ou encore le saoudien ITFC, Cheikh Al Amoudi est désormais en conflit direct avec l’un des plus puissants véhicules d’investissement dans le monde. Gros fournisseur de l’armée américaine en véhicules de combat et en artillerie, présent également des les médias, les télécoms, l’énergie, le transport… Carlyle est un empire qui pèse plus de 150 milliards de dollars d’actifs sous gestion.


Fondé en 1987 par quatre juristes américains, dont David Rubenstein, ancien conseiller du président américain Jimmy Carter à la Maison Blanche, il est dirigé actuellement par l’ancien patron d’IBM Louis Gerstener et a vu depuis défiler dans son board plusieurs faucons : les Bush, père et fils, l’ancien secrétaire général d’Etat américain James Baker, plus connu au Maroc pour sa tentative avortée de résolution du dossier du Sahara, mais aussi Frank Carlucci, l’ancien directeur adjoint de la CIA, conseiller à la sécurité nationale puis secrétaire à la Défense de Ronald Reagan.


Carlyle s’est ouvert également sur des personnalités internationales, proches des cercles du pouvoir. C’est le cas du demi frère de l’ancien président français, Olivier Sarkozy, coopté en 2008 en plein mandat de Sarko, comme directeur général et co-responsable des services financiers internationaux, Laurent Beaudoin, ex-président du groupe Bombardier ou encore Mikhaïl Khodorkovski, ancien oligarque russe des années Eltsine, condamné à une lourde peine de prison sous la présidence de Poutine.


Un groupe tentaculaire en somme que le grand public découvrira le 11 septembre 2001, jour de l’attaque terroriste contre le World Trade Center à New York et le Pentagone à Arlington. Ce jour là, pendant que New York était à feu et à sang, Carlyle réunissait dans cette même ville son conseil annuel comprenant plusieurs centaines d’investisseurs liés au groupe. Parmi les invités figuraient notamment George Bush, 41e président des États-Unis et père du président George W. Bush ainsi que Shafig Ben Laden, le demi-frère d’Oussama Ben Laden. Des liens suspects qui mettent Carlyle au cœur d’une théorie de complot qui fait florès jusqu’à nos jours…

Par Mehdi Michbal @MehdiMichbal
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