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Lutte anti-drogueCoopération policière : fin de la brouille entre le Maroc et l’Espagne

06.12.2016 à 18 H 16 • Mis à jour le 06.12.2016 à 18 H 16
Par Kenza Filali
La saisie de 2,5 tonnes de cocaïne mi-novembre au large de Dakhla a provoqué des frictions entre Rabat et Madrid mais l’incident semble désormais clos. Le ministre de l’Intérieur Juan Ignacio Zoido, attendu demain à Rabat, souligne désormais « l’excellence » de la coopération policière maroco-espagnole

Dans un communiqué publié ce mardi, la police espagnole a annoncé le démantèlement d’un important réseau de trafiquants de drogue opérant entre l’Amérique du sud, l’Afrique et l’Europe, suite à la saisie au large de Dakhla de 2,5 tonnes de cocaïne en provenance du Surinam et destinées au marché européen. Un joli coup pour les forces de l’ordre, qui représente, selon la même source, « la première opération policière hispano-marocaine contre le trafic international de cocaïne par voie maritime  ». Le communiqué indique que sept services espagnols ont collaboré avec la DGST marocaine pour démanteler ce réseau composé de Colombiens, d’Espagnols et de Marocains, et que des agents des deux pays ont procédé à la saisie de la cargaison au moment de son transbordement sur un bateau de pêche marocain à 100 miles des côtes de Dakhla.


Une affaire annoncée unilatéralement par le BCIJ

L’information publiée aujourd’hui par les autorités espagnoles en a toutefois surpris plus d’un : elle ne mentionne pas la date exacte de la saisie, qui avait déjà été annoncée il y a près d’un mois  –  à grand renfort de communication –  par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) marocain. Mais ce dernier avait uniquement mentionné la participation de la Gendarmerie maritime et de la Marine royale. « Il est à noter que cette opération de saisie a été entièrement menée par les services marocains, sans aucune intervention de services étrangers. C’est du moins ce que l’on nous assure auprès du BCIJ  », rapportait le 15 novembre dernier le site Le360.



Certains médias y avaient alors vu le signe de frictions entre les services de sécurité des deux pays, probablement liées au statut spécial du Sahara –  dont la communauté internationale ne reconnaît toujours pas la souveraineté marocaine –  et de ses eaux territoriales.


Les deux pays ont en tout cas décidé de tourner la page : le communiqué de la police espagnole indique que le ministre de l’Intérieur Juan Ignacio Zoido, attendu demain à Rabat pour rencontrer son homologue Mohamed Hassad, se félicite de « l’excellente coopération policière existant entre l’Espagne et le Maroc  », non seulement dans les domaines de lutte contre le terrorisme et l’immigration illégale, mais aussi dans celui de la lutte contre le trafic de drogue. En outre, le communiqué reconnaît explicitement la souveraineté du Royaume au Sahara. De quoi satisfaire Rabat, qui annonce de son côté l’arrestation ce lundi de trois Marocains et de sept Espagnols lors d’opérations simultanées à Tétouan et Martil, « en raison de leur implication présumée dans une affaire de trafic de drogue à l’échelle internationale et de blanchiment d’argent  » selon un communiqué de la DGSN relayé par la MAP.

Par Kenza Filali
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