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FootballMondial 2026: les défections de grandes villes se multiplient aux Etats-Unis et au Canada

20.03.2018 à 18 H 44 • Mis à jour le 20.03.2018 à 21 H 38
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Le quotidien britannique The Guardian analyse les niet consécutifs de villes majeurs comme Chicago, Minneapolis ou Vancouver trop rétives à s’engager dans des conditions qu’elles jugent financièrement peu rassurantes pour leurs contribuables. De plus, la FIFA exige un engagement personnel de Donald Trump, ce qui est loin d’être acquis…

L’offre nord-américaine pour la Coupe du monde 2026, (joint-venture entre les États-Unis, le Canada et le Mexique), a présenté 23 villes répertoriées comme sites potentiels dans son bid book. « Mais derrière cette fanfare, quatre grandes villes –  Chicago, Minneapolis, Vancouver et Glendale –  ont déclaré à la FIFA et à l’United Bid qu’elles ne voulaient pas participer à la Coupe du Monde 2026 », rapporte le Guardian.


« Les autorités locales de ces villes ont cité des demandes abusives de la FIFA et de l’United Bid qui incluaient d’énormes coûts pour les contribuables, ainsi que des contrats d’hébergement exposant leurs villes et leurs résidents à d’immenses risques financiers et juridiques », explique le quotidien britannique.


Le maire de Chicago, Rahm Emanuel, avait annoncé plus tôt que « Chicago était sortie –  même si l’offre américaine devait être couronnée de succès ». Un officiel de la ville a déclaré au Guardian que même si Chicago se considérait comme une « grande ville événementielle », les exigences pour le tournoi de 2026 « n’étaient pas rassurantes ». L’une des demandes de FIFA était que « l’organisation pourrait exiger de Chicago qu’elle construise un dôme au-dessus de Soldier Field, le site qui a accueilli le match d’ouverture de la Coupe du monde en 1994 et qui aurait accueilli des matchs en 2026 ».


Les exigences de la FIFA comprenaient également « une capacité illimitée de modifier l’accord à tout moment ». Aussi, « Chicago doit répondre à des exigences qui ne relèvent pas de sa compétence et de son autorité et ne peuvent donc être garanties  et pour que les contrats soient régis et interprétés en droit suisse, la FIFA ayant son siège à Zurich », poursuit le Guardian.


Des « éléphants blancs » trop chers à rentabiliser

Ces villes majeures ont été très probablement refroidies par les dépenses engagées lors des Coupes du monde au Brésil et en Afrique du Sud dont les stades n’ont au final servi que pour le temps bref du tournoi.


Le Cape Town Stadium, par exemple, a été un fardeau financier pour le gouvernement local avec des appels pour que le site de la Coupe du Monde 2010 soit démoli et remplacé par des logements sociaux abordables, explique le Guardian. Le stade perd 10 millions de dollars par an…


Le fameux Maracana de Rio était une icône mondiale utilisée lors de la Coupe du monde 2014 et des Jeux olympiques de 2016 avant que les batailles juridiques et les factures impayées ne le voient tomber en désuétude, ajoute le quotidien londonien. Un an après le tournoi de 2014, le stade de Brasilia a été converti en parking d’autobus et le stade de Cuiaba, jamais achevé, a accueilli des sans-abri après être resté inactif.



Les stades ne sont pas seulement un problème pour les Coupes du monde. Dix ans après les Jeux de 2004, les sites olympiques d’Athènes semblaient post-apocalyptiques, tandis qu’en Australie, des plans sont en cours pour démolir le stade olympique de Sydney, désormais obsolète moins de 20 ans après son ouverture pour les Jeux de 2000.


« Après avoir mené une solide procédure de due diligence et participé au processus de candidature du Comité de candidature United 2026 United Cup, la FIFA ne pouvait pas fournir un niveau de certitude basique sur certaines inconnues majeures qui mettaient notre ville et les contribuables en danger », a déclaré Matt McGrath, un adjoint au maire Rahm Emanuel, dans un mail au Guardian.


« L’incertitude pour les contribuables, couplée à l’inflexibilité de la Fifa et à sa réticence à négocier, étaient des indications claires que la poursuite de l’offre n’était pas dans le meilleur intérêt de Chicago », ajoute-t-il.


Minneapolis, Vancouver et Glendale (siège des Cardinals de la NFL en Arizona), ont fait part de préoccupations similaires envers la politique de la FIFA qui exige que les villes cèdent leurs pouvoirs à une organisation paralysée par la controverse entourant les précédentes éditions de la Coupe du Monde.


Un porte-parole de la FIFA n’a pas répondu directement lorsqu’il a été interrogé par le Guardian sur les exigences de la Coupe du Monde potentiellement insurmontables, renvoyant plutôt à un document de 12 pages intitulé « Aperçu des garanties du gouvernement et la déclaration du gouvernement ». Le document souligne le besoin de la FIFA d’établir un cadre légal pour le transfert de propre logistique dans un pays hôte et la nécessité pour un gouvernement local d’accueillir des manifestations accommodantes pour l’instance dirigeante du football (les FIFA World Cup Courts, par exemple).


La libre-circulation, un point noir pour l’Amérique

Un événement de l’ampleur de la Coupe du Monde ne peut être organisé avec les exigences de la FIFA pour des pays hôtes comme les États-Unis, le Canada et le Mexique qui doivent garantir un environnement sans visa ou « établissant des procédures d’entrée non discriminatoires » pour les participants, les fans et les représentants des nations de la FIFA durant la manifestation sportive. La demande confère effectivement un statut proche d’un diplomate à toute personne liée à une fédération nationale ou à la FIFA, note le Guardian.


Le permis de travail, le droit du travail et les exonérations fiscales sont également exigés des gouvernements nationaux. La FIFA exige également que les accords soient signés par le « plus haut pouvoir exécutif gouvernemental national » signifiant, que pour les États-Unis, Donald Trump devra signer sur le tournoi si l’offre jointe reçoit un vote majoritaire des 211 membres de la FIFA en juin prochain…


Tout comme USA Today qui mettait lui aussi en doute la capacité des nord américains à faire bloc, le Guardian souligne la domination des villes étasuniennes –  17 sur 23 présélectionnées sont aux États-Unis -, réaffirmant la perception largement répandue que « United Bid » est un tournoi organisé par les États-Unis avec le Canada et le Mexique comme « partenaires mineurs ».


Les 57 nations africaines devraient soutenir le Maroc, les 47 voix diverses de l’Asie sont partagées, et certains pays de l’UEFA et d’Amérique du Sud ont un sérieux ressenti envers le rôle du Département américain de la justice qui avait exposé la corruption de la FIFA en 2015 et 2016. De plus, comme le notait USA Today, le Maroc a trouvé la parade avec des stades à taille humaine et une politique d’accueil qui ne souffre pas de visas intempestifs…


« Les trois co-présidents de United Bid –  des États-Unis, du Canada et du Mexique –  ont passé ces dernières semaines à sillonner le monde pour obtenir des votes dans le but de minimiser l’effet Trump », rapporte le Guardian, qui estime que la candidature américaine risque gros, car « too big to fail »…

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