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Enquête-EpilogueSanté: Anass Doukkali met fin au «système Bouazza»

09.06.2018 à 04 H 16 • Mis à jour le 09.06.2018 à 04 H 17
Par Ali Amar
Par décisions datées du 8 juin, le ministre de la Santé a ouvert à candidatures une série de postes à de hautes fonctions au sein de son département. Parmi elles, celle mettant fin au règne du Dr. Omar Bouazza qui aura duré une dizaine d’années à la tête de la direction du médicament et de la pharmacie (DMP), objet de nos révélations successives depuis février

Quatre mois d’enquête, une quinzaine d’articles, autant de scandales révélés ont enfin fait bouger les lignes.


La série du Desk qui a mis à nu les turpitudes des pouvoirs publics dans le secteur très sensible du médicament sans compter bien entendu le travail de fond des experts et des parlementaires, qui depuis des années suivent l’industrie pharmaceutique, se sont mobilisés avec abnégation pour briser l’omerta du « système Bouazza », ont poussé le ministre de la Santé a enclencher le nettoyage des écuries d’Augias.


Une série de postes à pourvoir dans la haute administration de la Santé ont été ouverts à candidatures sur décision du ministre en date du 8 juin. Parmi eux, celui du directeur de la pharmacie et du médicament (DMP), occupé par le Dr. Omar Bouazza, au centre de toutes les polémiques.



Jusqu’ici, un mur du silence et un Etat démissionnaire avaient rendu cette tâche difficile. Il faut croire que quelqu’un de puissant, quelque part au-dessus des lois, couvrait un écosystème fait de racket, de corruption et de trafic d’influence qui se jouait de la santé des Marocains.


Malgré la vérité hurlante de pratiques condamnables par la loi, son travestissement aura duré une dizaine d’années. Le contexte inflammable de la colère populaire qui gronde actuellement a-t-il participé à la décision ? La leçon du boycott et sur les conséquences néfastes des menaces insensées faites à la vox populi a-t-elle été retenue ? On ne le saura probablement jamais, tant l’Etat ne reconnait que très rarement ses fautes. Mais sur la situation qui prévalait, l’insulte faite au peuple pouvait le décider à mettre le feu à cette incurie.


Reste que ce mouvement de chaises musicales, opéré en silence et sans reddition des comptes, comporte un risque majeur, celui de voir se perpétuer ou se régénérer les mêmes travers. Officiellement et puisque ce changement d’organigramme concerne aussi d’autres secteurs de la Santé, rien ne sera dit qui pourrait faire croire à une sanction. Aussi, la vigilance demeure donc de mise malgré cette victoire d’étape, car c’est avant tout une réforme profonde du système de santé, celle des relations entre les pouvoirs publics et le privé et le respect des patients qui devra être menée de fond en comble.


Au fil de nos enquêtes au long cours, nous avons exposé au grand public un désastre qui systématiquement constituait une menace certaine pour la santé des citoyens, de l’arnaque des laboratoires fantômes à l’affaire du Pedovex, des micmacs entourant l’attribution des autorisations de mises sur le marché des médicaments à la lente agonie de la veille sanitaire… Autant de sujets et d’autres encore qui demeurent encore des chantiers ouverts dont le ministre Anass Doukkali et ses équipes renouvelées devront entreprendre à bras le corps.


C’est enfin aussi et surtout l’intérêt public sur des questions majeures et du rôle de la presse dont il s’agit, même si trop souvent l’acharnement de la plume n’est considéré par certains que sous le prisme trompeur d’une vendetta ourdie au sein d’un des milieux les plus opaques de l’industrie nationale.


Bien entendu, ce sont souvent de puissants lobbys qui cherchent à sauvegarder leurs intérêts qui agissent dans ce genre d’affaires, mais dans le cas d’espèce ce sont autant de lanceurs d’alertes qui ont permis au Desk d’enquêter pour que l’opinion publique puisse contraindre nos gouvernants à prendre toute la mesure de la responsabilité dont ils sont mandatés et faire ainsi vaciller puis tomber les impétrants.


Lire aussi les quatorze volets de notre enquête :

Partie-1 :  La grenade dégoupillée de l’industrie pharmaceutique nationale

Partie-2 : La grande arnaque des « labos fantômes »  (plus En Off : « Labos fantômes » : Anass Doukkali réagit à l’enquête du Desk)

Partie-3 : La lente agonie de la veille sanitaire marocaine

Partie-4 : Santé : des « Assises du médicament » pour enfumer le débat

Partie-5 : « Assises du médicament » : chronique d’un fiasco annoncé

Partie-6 : Omar Bouazza : l’homme clé de la Santé accusé de racket

Partie-7 : Le Pedovex, interdit dans son pays d’origine, en vente au Maroc

Partie-8  : Médicaments : une baisse des prix pour masquer le scandale Sophos

Partie-9  : Scandale du Pedovex : Zenith Pharma et le ministère de la Santé tentent d’étouffer l’affaire

Partie-10 : Affaire Pedovex : les justifications inquiétantes du ministère de la Santé et du fabricant local

Partie-11 : Scandale du Sophos : Zenith Pharma distribue ses lots pré-périmés

Partie-12 : Affaire Pedovex : Doukkali désavoue une décision illégale approuvée par Louardi

Partie-13 : Le Saoudien Tabuk a délibérément caché la dangerosité du Pedovex aux Marocains

Partie-14 : Santé : le « système Bouazza » au cœur d’une affaire de trafic d’influence

Par Ali Amar @MarocAmar
Le Desk Newsroom