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FARAffaire Fresenius: L’armée ouvre une instruction judiciaire pour corruption

05.04.2019 à 18 H 46 • Mis à jour le 05.04.2019 à 18 H 46
Par La rédaction
Suite aux informations rendues publiques par le Départment américain de la Justice sur des versements de pots-de-vin de l'entreprise médicale allemande Fresenius à un responsable marocain pour des marchés dans des hôpitaux militaires du royaume, les Forces Armées Royales ont annoncé ce 5 avril l'ouverture d'une instruction judiciaire. Le Desk avait pu identifier l’ancien médecin militaire pointé du doigt par la justice américaine qui s’est converti depuis dans le privé

Une instruction judiciaire a été ouverte suite aux éléments d’information sur des faits survenus entre 2006 et 2012 et portant sur des présomptions d’actes de corruption qui auraient entaché les marchés publics, a indiqué vendredi l’État Major Général des Forces Armées Royales (FAR).


Il sera procédé, dans ce cadre, à l’audition de l’ensemble des personnes ayant relation avec cette affaire dont un ancien officier ayant exercé au service de santé militaire, a souligné l’État-major des FAR dans un communiqué.


Les investigations seront menées à l’effet d’établir les faits précis se rapportant à cette affaire et ce conformément aux dispositions réglementaires et judiciaires en vigueur, a précisé la même source.


Pour rappel, selon des documents du Département de la Justice américaine consultés par Le Deskle système de corruption mis en place au Maroc par la société allemande de dispositifs médicaux Fresenius afin d’obtenir des contrats pour le développement de centres de dialyse rénale dans des hôpitaux militaires du royaume, a impliqué sa filiale locale Fresenius Medical Care Maroc (FMC Maroc), détenue à 100 % et gérée par sa division Europe et Moyen-Orient.


Un « cadre supérieur de FMC Maroc » doté de pouvoirs de décision et un « officiel marocain », néphrologue et responsable de la création de centres de dialyse au sein de deux hôpitaux militaires, sont coupables, d’après les documents judiciaires américains, d’avoir élaboré un circuit de corruption à travers une société-écran spécialement « créée pour dissimuler des paiements destinés à l’officiel marocain ».


Ainsi d’octobre 2006 jusqu’en 2010, Fresenius et sa filiale FMC Maroc ont versé des pots-de-vin à ce responsable « afin d’obtenir un avantage indu et d’aider FMC à obtenir et conserver des activités au Maroc ».

 

Le Desk a consulté la synthèse d’enquête du Département de la Justice américain qui décrit comment la firme allemande de dispositifs médicaux a mis en place ce système de pots-de-vin au Maroc pour obtenir des marchés au sein des hôpitaux militaires. Si les protagonistes n’y sont pas nommément cités, Le Desk pu identifier le médecin gradé marocain au cœur de cette affaire. Celui-ci a depuis discrètement quitté l’armée pour s’établir dans le privé.


Nos investigations ont formellement établi qu’à cette période, le professeur Zouhir Oualim était chef du service de néphrologie à l’hôpital militaire de Rabat en charge du développement du projet en question. Toujours selon nos sources, « après que les Américains aient pris attache avec le Maroc pour les informer de leurs investigations », le Pr. Oualim, médecin militaire, « a quitté l’armée en 2011 pour s’établir ensuite dans le privé ». Il y a environ quatre ans, celui-ci a en effet fondé au quartier Hassan de Rabat le centre de nephro-dialyse Idriss Al Akbar.


Jusqu’ici, l’armée avait ainsi préféré étouffer l’affaire alors qu’aux Etats-Unis, Fresenius négociait le règlement de 231 millions de dollars pour avoir versé près de 30 millions de dollars en pots-de-vin à des médecins employés par le gouvernement et à des responsables de la santé publique dans au moins 17 pays, dont le Maroc…


Lire notre enquête à ce sujet : Affaire Fresenius : le détail du schéma corruptif au Maroc étouffé par l’armée

Par La rédaction
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