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Grand angle

Déambulation dans Rabat, capitale du football africain

15.11.2025 à 11 H 53 • Mis à jour le 11.12.2025 à 18 H 03 • Temps de lecture : 11 minutes
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72 heures balle au pied
À l’approche de la CAN 2025, Rabat dévoile un visage profondément renouvelé. Longtemps discrète, presque secrète derrière ses remparts et ses palais, la capitale s’impose aujourd’hui comme un laboratoire urbain où se mêlent une modernité assumée, des infrastructures sportives et un patrimoine architectural jalousement préservé. Tout en conservant son calme légendaire, elle accueille désormais des stades flambant neufs, des avenues réinventées et des équipements culturels d’envergure. La ville avance sans bruit, avec une assurance inédite, prête à accueillir pendant près d’un mois l’Afrique du football

À l’approche de la CAN 2025, Rabat dévoile un visage profondément renouvelé. Longtemps discrète, presque secrète derrière ses remparts et ses palais, la capitale s’impose aujourd’hui comme un laboratoire urbain où se mêlent une modernité assumée, des infrastructures sportives et un patrimoine architectural jalousement préservé. Tout en conservant son calme légendaire, elle accueille désormais des stades flambant neufs, des avenues réinventées et des équipements culturels d’envergure. La ville avance sans bruit, avec une assurance inédite, prête à accueillir pendant près d’un mois l’Afrique du football.


Les Rbatis eux-mêmes reconnaissent l’ampleur de la transformation. En quelques années, Rabat s’est métamorphosée à un rythme rarement observé ailleurs dans le pays. La ville administrative, réputée pour sa discrétion, est devenue une capitale qui assume son statut. Derrière ses portails et ses palais, la ville impériale, qui a longtemps cultivé son secret, s’est ouverte à ses visiteurs. Elle est devenue, presque sans prévenir, la capitale du football marocain. Le complexe Prince Moulay Abdellah, rénové en un temps record, est devenu un motif d’admiration. Mais Rabat ne s’arrête pas au football. Elle construit progressivement les infrastructures qui pourraient, un jour, la conduire à prétendre à l’accueil des Jeux olympiques, ambition jamais formulée explicitement mais ressentie à chaque nouvel équipement.


C’est dans ce décor en pleine mutation que les supporters de tout le continent convergeront pour assister à la Coupe d’Afrique des Nations, programmée du 21 décembre 2025 au 19 janvier 2026.


Salé, la cité marine

En arrivant de Tanger par le TGV Al Boraq, le visiteur découvre d’abord Salé, cité andalouse et marine, puis la vallée du Bouregreg. Le panorama est devenu emblématique. La Tour Mohammed VI, qui abritera à son sommet un futur palace, culminant à 55 étages, domine l’horizon d’une ville pourtant longtemps réputée pour l’absence de gratte-ciels.


Vue depuis la Kasbah des Oudayas sur la Vallée du Bouregreg et la Tour Mohammed VI. Crédit : Le Desk


Au pied de cette tour se dresse la silhouette futuriste du Théâtre Royal de Rabat, l’une des ultimes créations de Zaha Hadid. L’histoire raconte que le théâtre de la légendaire architecte devait initialement être construit à Casablanca, mais que c’est à Rabat que l’on a finalement voulu ériger une œuvre à la hauteur de son génie. La capitale d’abord, comme un principe intangible.


Le Bouregreg, malgré les grands chantiers, préserve son calme. La traversée, à pied le long de ses berges élégamment réaménagées ou en barque, conserve la même sérénité qui caractérise la ville, même lors des grands événements. Rabat, habituée à accueillir des foules lors du festival musical Mawazine, ne perd jamais son aplomb. Elle sait recevoir sans se bousculer.


À la médina de Rabat, la ville montre qu'elle est touristique et qu'elle préfère rester discrète. Crédit : Le Desk


Une fois à Rabat, il faut garder à l’esprit que la simplicité y règne en maître. La capitale aux allures olympiques surprend sans effort. Depuis la vallée du Bouregreg, il est possible d’embarquer sur un bateau à quai inspiré des récits corsaires, avec restauration et rafraîchissements à bord. L’expérience se prolonge naturellement vers les quartiers historiques, accessibles en quelques pas seulement. Contrairement à la légende urbaine, tout est simple à Rabat. Les habitants vous orientent volontiers.


Des virées en bateau ou en kayak sont possible au niveau du Oued Bouregreg. Crédit : Le Desk


En longeant la rue Souika puis celle chamarrée des Consuls où l’artisanat est maître, on rejoint aisément la Kasbah des Oudayas. Ses ruelles blanches et bleues abritent des riads, maisons d’hôtes et galeries d’art, ses esplanades offrent une vue unique sur la plage de Rabat et sur l’Atlantique, et ses cafés, dont le célèbre Café maure à la vue imprenable sur l’embouchure du fleuve, cultivent une hospitalité dont les Rbatis sont fiers. La fraîcheur des lieux et les sourires qui s’y dessinent autour d’un thé à la menthe, donnent immédiatement le ton du séjour.


La mythique rue des Consuls de Rabat qui vous mène jusqu'à la Souika. Crédit : Le Desk


Non loin, le site archéologique de Chellah, restauré après d’intenses travaux, accueille désormais des espaces de restauration. Plus bas, la route côtière, longtemps négligée, a retrouvé son éclat, avec un palace érigé à l’emplacement de l’ancien hôpital Marie-Feuillet. Un centre commercial a ouvert à proximité, suivi d’un nouvel établissement touristique. Non, loin, vous trouverez aussi une grande piscine conçue par un grand cabinet d'architecture de la place qui fait la joie des jeunes durant l'été. À Rabat, fraîcheur, sérénité et propreté forment une trilogie qui s’impose naturellement.


La nécropole de Chellah toujours aussi convoitée par les touristes. Crédit : Le Desk


La ville s’émancipe ainsi de son image de capitale administrative. Elle offre à ses habitants un cadre de vie enviable, presque propice à la retraite, même pour ceux qui n’ont aucune intention de ralentir. Rabat respire calmement, avance sûrement.


En vous éloignant de sa côte, où un stade de Hockey vient tout juste d’être construit, confirmant les ambitions olympiques futures de la ville, vous remonterez jusqu’à l’intérieur de la ville, en son centre où non loin de l’avenue de la Victoire, vous vous retrouverez devant les portails de l’enceinte du Palais royal. Sur place, le quartier qui accueille la demeure du Souverain prend la forme d’une vaste commune à part entière abritant le Mechouar et sa mosquée Ahl Fès.


La ville détonne avec ses espaces verts et sa verdure. Crédit : Le Desk


Lieux de culture et d'histoire

Certains espaces se visitent à des horaires précis, comme dans toutes les villes impériales du Royaume. Non loin, le Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain (MMVI) expose une collection permanente de premier plan d’œuvres d’art de créateurs marocains et accueille régulièrement des expositions temporaires mêlant artistes locaux et grands noms de l’histoire de l’art. Sur son esplanade trônent des sculptures imposantes signées Botero et Saint-Phalle. 


Le Musée Mohammed VI d'Art moderne et Contemporain. Crédit : Alexandre Chaplier / Le Desk


Derrière le musée conçu par l’architecte Karim Chakor, une vaste canopée recouvre aujourd’hui la place Moulay El Hassan, autrefois place Pietri. Cette structure métallique moderne, qui avait suscité de vifs débats, est devenue un symbole du centre de la capitale.


Ses cafés en plein air et ses zones ombragées en ont fait un point de rencontre prisé. Depuis cet espace, une promenade est possible à pied, mais le tramway, l’un des premiers du genre au Maroc, permet de rejoindre Salé en longeant la Tour Hassan et le Mausolée Mohammed V. Les guides y racontent l’histoire fascinante d’une ambition architecturale almohade qui n’a jamais vu le jour et dont la Tour Hassan reste le vestige le plus spectaculaire.


L'emblématique tour Hassan. Crédit : Le Desk


Le tramway mène ensuite à Agdal, le quartier résidentiel devenu pôle commercial - avec son mall Arribat Center aux multiples enseignes - et universitaire, abritant notamment la Bibliothèque nationale à l’architecture moderne. Le Jardin d’Essais Botaniques, situé non loin, rappelle que Rabat a toujours su insérer la nature au cœur de sa croissance.


Une offre sportive riche

L’offre sportive et de détente est d’ailleurs particulièrement riche. Le Royal Golf Dar Essalam, niché au milieu d’une forêt de chênes-lièges, figure parmi les parcours les plus prestigieux d’Afrique. Le Bouregreg accueille kayak, voile légère et croisières fluviales reliant Rabat à Salé. La forêt de Maâmora, les balades à cheval sur la plage ou les dîners de fruits de mer à Harhoura témoignent d’un équilibre rare entre nature, culture et loisirs. L’art de vivre marocain s’y exprime dans toute sa diversité.


Dans cette ville où le sport est omniprésent, les nouveaux stades occupent une place centrale. À Agdal, le stade Al Medina (ex-Al Barid), bijou architectural de 18 000 places de style anglais, accueillera les rencontres République du Congo – Bénin, République du Congo – Botswana pour le groupe D, ainsi que Ouganda – Tanzanie pour le groupe C. Quant au stade Moulay El Hassan, du nom du Prince Héritier, antre du FUS et lieu où Walid Regragui écrivit quelques-uns de ses premiers exploits, peut accueillir 22 000 spectateurs. Il sera le théâtre du choc Algérie – Burkina Faso du groupe E, ainsi que de la rencontre Algérie – Soudan.


Création : Mohammed Mhannaoui / Le Desk


Entre deux stades, une halte s’impose dans le quartier Riad, ou Hay Riad, mêlant zone de villas bordée d’imposants arbres et centre administratif et d’affaires et devenue l’un des carrefours majeurs de la vie moderne rbatie.


Son artère piétonne centrale, Mahaj Riad, concentre restaurants, cafés, galeries, concept stores et enseignes internationales. Le quartier illustre parfaitement la manière dont Rabat sait se moderniser sans renier ses traditions.


Création : Mohamed Mhannaoui / Le Desk


Pour clore la visite sportive, il faut se rendre au complexe Prince Moulay Abdellah, qui accueillera la finale de la CAN. Le stade, entièrement reconstruit, est désormais, le plus plus moderne du continent, en attendant l’achèvement du Grand Stade Hassan II de Casablanca. Sa nouvelle signature architecturale porte la marque du cabinet Populous, qui a conçu entre autres le stade du club de Tottenham en Angleterre et plusieurs enceintes de référence à travers le monde.


À proximité immédiate se trouvent un stade d’athlétisme aux courbes impressionnantes, une piscine olympique et un palais des sports couvert, tous construits ou modernisés dans la perspective des grandes compétitions internationales. Une nouvelle gare TGV, celle de Hay Riad ouvrira bientôt pour desservir cet ensemble sportif unique.


Le stade du Complexe Moulay Abdellah. Crédit : Le Desk


À quelques minutes du complexe, le Jardin zoologique de Rabat accueille une collection importante d’espèces menacées ou protégées, dont les célèbres Lions de l’Atlas. Et en s’éloignant légèrement, à dix minutes seulement, la ville balnéaire de Harhoura prolonge l’expérience rbatie. Ses plages, ses restaurants en bord de mer, ses lieux de vie animés et ses hôtels étoilés en font un lieu idéal pour conclure un séjour prolongé, juste après une finale éclatante au complexe Moulay Abdellah.


Rabat, ville d’histoire tournée vers l’avenir, s’impose définitivement comme une destination complète, capable de conjuguer patrimoine, nature, infrastructures sportives et modernité. À l’occasion de la CAN 2025, elle s’apprête à accueillir l’Afrique du football avec calme, élégance et joie de vivre.


Création : Mohammed Mhannaoui / Le Desk


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