n°1203.Sahara : avec le Mali, le dernier verrou sahélien saute en faveur du Maroc
La République du Mali a annoncé, vendredi 10 avril, le retrait de sa reconnaissance de la « République arabe sahraouie démocratique » (RASD) et son soutien au plan d'autonomie marocain pour le Sahara. La décision, prononcée par le ministre des affaires étrangères Abdoulaye Diop à l'issue d'une rencontre avec son homologue marocain Nasser Bourita — en visite à Bamako sur instructions du roi Mohammed VI —, fait du Mali le dernier pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) à s'aligner sur la position de Rabat. Le Burkina Faso et le Niger soutiennent déjà le plan d'autonomie depuis plusieurs années. Le verrou sahélien a sauté.
Le geste est d'autant plus symbolique que c'est historiquement grâce à la voix du Mali que la « RASD » avait pu être admise au sein de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) en 1982, provoquant le départ du Maroc de l'institution panafricaine. Quarante-quatre ans plus tard, le retournement est total — et il ne doit rien au hasard. Il faut reconstituer l'agenda de Bourita au cours de la semaine écoulée pour mesurer à quel point cette séquence a été orchestrée.
Le 6 avril, le chef de la diplomatie était au Caire, en marge de la première session du Comité de coordination et de suivi Maroc-Égypte, coprésidé au niveau des chefs de gouvernement par Aziz Akhannouch et son homologue égyptien. Bourita s'y est entretenu avec le ministre égyptien des affaires étrangères Badr Abdelatty l'Égypte a réaffirmé à cette occasion son soutien à l'intégrité territoriale du Maroc et à la résolution 2797. Le 7 avril, retour à Rabat pour recevoir le ministre néerlandais des affaires étrangères Tom Berendsen — sa première visite officielle hors d'Europe —, qui a réaffirmé le soutien des Pays-Bas à l'autonomie sous souveraineté marocaine.
Abonnez-vous pour continuer la lecture
à partir de 40 dh par mois
(facturé annuellement)
Choisir une offre
