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Grand angle
Rachida Dati.

Affaire Dati : le volet marocain

20.04.2026 à 08 H 58 • Mis à jour le 20.04.2026 à 12 H 00 • Temps de lecture : 22 minutes
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ENQUÊTE
Décorée du Ouissam alaouite, propriétaire à Casablanca, introduite auprès des premiers cercles du Royaume : Rachida Dati cultive un lien revendiqué avec le Maroc. C'est aussi là qu'elle situe sa ligne de défense dans l'affaire Renault-Nissan, premier volet de l'enquête pour corruption dans laquelle elle est mise en examen

Le 16 avril, les policiers de l'Office central français de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont perquisitionné les locaux d'Engie, ex-GDF Suez. L'opération marque une étape décisive dans l'information judiciaire ouverte le 14 octobre 2025 : les enquêteurs cherchent à établir si Rachida Dati a été rémunérée par le groupe énergétique alors qu'elle siégeait au Parlement européen, entre 2009 et 2019.


Déclenchée par un signalement Tracfin, le service de renseignement financier français rattaché au ministère de l'Économie et des Finances, l'enquête portait à l'origine sur d'éventuelles relations d'intérêts avec l'Azerbaïdjan et le Qatar. Son champ s'est depuis élargi : corruption, trafic d'influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment.


Quatre mois après les perquisitions des domiciles de l'intéressée et de la mairie du VIIe arrondissement de Paris, à la mi-décembre 2025, les enquêteurs remontent la chaîne vers l'émetteur présumé des flux financiers. Mise en examen, Rachida Dati conteste les faits et bénéficie de la présomption d'innocence.


La démarche intervient dans un contexte politique particulier. Candidate malheureuse à la mairie de Paris en mars, Rachida Dati a quitté le gouvernement. Son procès dans le dossier Renault-Nissan reste fixé au mois de septembre devant le tribunal correctionnel de Paris, aux côtés de Carlos Ghosn, ex-patron du groupe automobile toujours réfugié au Liban. Elle y encourt 10 ans d'emprisonnement pour corruption passive, 450 000 euros d'amende pour recel et 5 ans d'inéligibilité. À ces dossiers s'ajoute une enquête préliminaire sur de possibles non-déclarations de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).


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