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JusticeLes avocats annoncent un juillet sans défense dans les tribunaux

05.07.2026 à 04 H 51 • Mis à jour le 05.07.2026 à 04 H 51 • Temps de lecture : 3 minutes
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Lors d'un sit-in tenu par les avocats devant le Parlement, à Rabat, le 6 février 2026, en protestation contre le projet de loi relatif à la profession.
À un mois des vacances judiciaires, les avocats ont déjà décidé de remiser leurs robes. Pour la quatrième semaine consécutive, les justiciables devront affronter les juges sans défense

Les avocats poussent la mobilisation encore plus loin contre le projet de loi 66.23. Dans un communiqué au ton ferme, l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a émis un appel à toute la profession, à savoir 17 barreaux, à participer à un sit-in prévu le lundi 6 juillet à 11h00 devant le siège du Parlement. Simultanément, le barreau de Casablanca a également diffusé un communiqué où il appelle à participer au sit-in, et confirme qu’il rejoindra la grève nationale des avocats, à laquelle il avait dérogé le temps d’une semaine.


Les représentants de la profession à Casablanca annoncent ainsi une « cessation totale de toutes les prestations  », selon les termes du communiqué du barreau de Casablanca, signé par le bâtonnier Mohammed Hissi. Pour Houcine Ziani, président de l’ABAM, cette mobilisation a pour objectif de « défendre l’indépendance du métier d’avocat, préserver sa mission, et s’attacher à ses fondements constitutionnels et organiques  ».


Lee ton s’est durci

Le sit-in projeté devant le Parlement interviendra cinq mois jour pour jour après celui du 6 février dernier, lorsqu’une marée noire avait couvert l’allée Mohammed V à Rabat, face au Parlement, pour faire fléchir le gouvernement sur son projet de loi 66.23 relatif à l'organisation de la profession. Les avocats avaient afflué de nombreuses villes afin d’exprimer leur refus catégorique de voir aboutir une réforme qui signe, pour eux, « la fin de leur indépendance ». Quelques jours seulement plus tard, et après une grève qui avait paralysé les tribunaux, les syndicats représentant la profession semblaient être parvenus à un accord avec le gouvernement.


Le ton des deux communiqués du 4 juillet, diffusés respectivement par l’ABAM et le Barreau de Casablanca, est d’autant plus alarmiste que la corporation avait cru jusque-là avoir eu gain de cause et remporté la bataille l'opposant à Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice. Les avocats vivent cette ultime lutte comme une bataille existentielle face à « des tentatives de démolir le dernier bastion des droits et libertés  », selon le communiqué du barreau de Casablanca, qui n’hésite pas à affirmer que le métier d’avocat traverse aujourd’hui « ses heures les plus sombres  ».


Défendre « l'indépendance de la défense »

Derrière le bras de fer entre le gouvernement et la profession d’avocat, des centaines de milliers de justiciables replongent dans le calvaire qu’ils avaient vécu en février. Pour faire pression sur les avocats, certains tribunaux avaient tenté de faire passer les dossiers en délibéré, sans l’intervention de la défense. Pour des citoyens qui jouaient leurs droits, voire leur destin, devant les juges, c’était un coup dur, un déni de droit même. Pour les avocats, il s’agit là d’une décision difficile à vivre  faire faux-bond aux clients ou se mobiliser pour sa propre corporation.


« Oui, c’est dur de ne pas assister nos clients au tribunal, notamment lorsqu’il s’agit de cas difficiles ou de clients incarcérés, mais nous n’avons pas le choix, car c’est le principe même de l’indépendance de la défense qui est aujourd’hui menacé  », confie un avocat de Casablanca. En attendant que cette crise trouve une issue, les justiciables sont laissés seuls devant leurs juges, sans défense.

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