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Le bloc notes de la rédaction

Distinction

Asmaâ Lamrabet et Hicham Houdaifa primés par le Grand Atlas

04.11.2017 à 18 H 31 • Mis à jour le 04.11.2017 à 18 H 31
Par et
Le 2ème Prix Grand Atlas été décerné le 3 novembre à Asmaâ Lamrabet pour son ouvrage « Islam et Femmes, les questions qui fâchent ». Le journaliste Hicham Houdaïfa repart avec le prix spécial du jury pour son enquête « Extrêmisme religieux »

Le Prix Grand Atlas dans sa 24ème édition a été décerné, vendredi soir lors d’une cérémonie organisée à la Bibliothèque nationale du Royaume, à Asma Lamrabet pour son ouvrage Islam et Femmes, les questions qui fâchent.


Le prix spécial du jury, présidé par la romancière marocaine Leila Slimani, a été accordé, quant à lui, au journaliste Hicham Houdaifa pour son livre Extrémisme religieux.


Annonçant les lauréats, Leila Slimani a souligné qu’en octroyant le prix Grand Atlas à Asma Lamrabet, le jury a voulu « saluer la rigueur et la pertinence de la recherche », notant que ce livre, didactique et bien construit, pose des questions essentielles et remet en cause un certain nombre d’évidences, de clichés, « qu’il nous parait salvateur de déconstruire ».


« Dans la lignée de la tradition de la Nahda, Asma Lamrabet ouvre une voie novatrice et inspirante, en cherchant à l’intérieur des textes religieux une réponse à des problématiques aussi brûlantes que l’égalité entre les sexes, l’héritage des femmes, la question du voile ou la polygamie », a-t-elle relevé.


Selon Leila Slimani, Prix Goncourt 2016 pour son roman Chanson douce, ce prix vient récompenser aussi le courage des prises de position que l’auteur expose dans un style direct et franc.


Le prix spécial du jury décerné à Hicham Houdaifa met en avant un travail de reportage de terrain qui fait honneur au journalisme et qui touche à des questions essentielles qui ont une conséquence directe dans la vie des citoyennes et des citoyens marocains, a-t-elle dit.


En se penchant sur les manuels scolaires, les cours dans les universités, en allant à la rencontre d’étudiants et de professeurs, l’auteur fait la « photographie d’une époque et d’une situation », a relevé la romancière marocaine.


La lauréate du prix Grand Atlas s’est dite « honorée et ravie » de recevoir cette distinction, notant que dans son ouvrage, qui est un message fort sur des problématiques d’actualité, elle propose des « solutions et des approches nouvelles pour dépasser une vision traditionaliste et assez archaïque qui pose problème ».


De son côté, Houdaifa a relevé que son livre s’intéresse aux racines du radicalisme à travers des enquêtes journalistes dans différents milieux, notant que cet ouvrage est le fruit de plus de 4 mois de travail de terrain dans différentes régions du Royaume et dans les universités, entre autres.


Leila Slimani a introduit la cérémonie, qui s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont André Azoulay, conseiller du Roi, Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), le directeur des archives du Maroc, Jamaâ Baida, ainsi que des journalistes, des intellectuels et des étudiants, par une conférence sur le thème « défendre l’esprit critique ».


Dans cette conférence, elle a mis en avant le rôle de l’intellectuel en tant qu’acteur important du développement des sociétés, en rappelant les défis que l’écrivain engagé, critique de sa société et de son environnement, est appelé à relever, au quotidien, dans l’exercice de son activité.


Pour cette 24e édition du Prix Grand Atlas, la présidente du jury était entourée de nombreuses personnalités culturelles françaises et marocaines, notamment Jamal Eddine Elhani, doyen de la Faculté des lettres de Rabat et traducteur, Éric Vigne, directeur de NRF Essais et de Folio Essais aux Éditions Gallimard, Caroline Dalimier, cofondatrice de la librairie Livremoi à Casablanca, Abdellah Tourabi, journaliste, chroniqueur et spécialiste de l’Islam politique au Maroc, et Mohamed Tozy, universitaire, professeur de sciences politiques.


Six essais francophones étaient en lice pour ce prix à savoir L’héritage des femmes, de Siham Benchekroun (Empreintes), Tayeb Sadiki. Le bon, la brute et le théâtre, d’Ahmed Massaia (Virgule), Une saison ardente. Souffles 50 ans après, ouvrage collectif (Sirocco), Islam et femmes, les questions qui fâchent, d’Asma Lamrabet, (En toutes lettres), Extrémisme religieux, de Hicham Houdaifa, (En toutes lettres) et Comprendre la monarchie marocaine, de Omar Saghi (La croisée des chemins).


Créé par l’Ambassade de France en 1991 pour promouvoir l’édition marocaine, la 24ème édition du Prix Grand Atlas est organisée cette année, en partenariat avec la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM).


Marquant la rentrée littéraire, le Prix Grand Atlas 2017 met à l’honneur les essais marocains francophones et la traduction. Les textes proposés présentent une richesse culturelle, une pensée en mouvement et permettent de reconstruire une société du partage et d’avenir avec le lecteur.


Inscrit dans la politique de coopération de l’Ambassade de France au Maroc en faveur de l’écrit et du livre, le Prix Grand Atlas 2017 place la culture et le livre sous le signe de la pensée, de l’ouverture et du débat.

Par La rédaction
Le Desk Culture