Le bloc notes de la rédaction
Carmen Soliman enchante Rabat pour l’ouverture de la 20ᵉ édition de Mawazine
La chanteuse égyptienne Carmen Soliman a donné, jeudi soir au Théâtre Mohammed V de Rabat, le coup d’envoi officiel de la 20e édition du Festival Mawazine-Rythmes du monde, lors d'une soirée envoûtante mêlant, avec finesse, l’authenticité du répertoire classique et la richesse des styles musicaux contemporains.
Dès les premières notes, la voix douce et suave de Carmen Soliman a captivé un public venu nombreux pour applaudir une performance empreinte d’émotion, de maîtrise vocale et d’élégance scénique. Présentée comme « une voix venue du pays des pharaons, qui traverse les époques », la chanteuse a fait vibrer l'assistance aux rythmes de son chant, alliant passion et maîtrise exigeante du registre classique.
La soirée s’est ouverte avec la chanson Ya Gamalak, interprétée avec une douceur bouleversante qui a pu toucher l'âme de toute l'assistance. Très vite, l’atmosphère a basculé vers une énergie plus vive avec les rythmes entraînants de Habayt El Raqs, déclenchant une euphorie collective et plongeant la salle dans un véritable voyage musical, entre émotion subtile et énergie communicative.
Dans un moment hautement symbolique, Carmen Soliman, vêtue d’un caftan marocain, s’est enveloppée du drapeau national, exprimant sa profonde gratitude au public, qui lui a réservé un accueil des plus chaleureux. Ainsi, elle a rendu un hommage vibrant au patrimoine musical marocain, à travers l’interprétation de chansons emblématiques comme Hiya Hiya, de la légendaire Haja El Hamdaouia, et Ana jit j'en ai marre, de Najat Aatabou.
L’un des temps forts de la soirée fut la montée sur scène du jeune artiste marocain Sami Chrayti, pour un duo avec Carmen Soliman qui a marqué les esprits. Leur prestation, empreinte d’harmonie et d’émotion, a apporté une autre dimension à la soirée, ouvrant de nouvelles perspectives pour la musique marocaine et arabe contemporaine.
La jeune artiste égyptienne a également interprété une sélection de chansons de la grande Oum Kalthoum, replongeant le public dans l’âge d’or du Tarab. À travers sa prestation remarquable, elle a démontré sa capacité à naviguer avec aisance entre les registres et les styles, passant du moderne au classique, sans jamais perdre la profondeur ni la douceur de son interprétation.
Ainsi, le concert de Carmen Soliman n’était pas un simple spectacle musical, mais bien un moment de communion artistique où se sont croisées les frontières géographiques et culturelles, donnant naissance à un espace partagé où beauté et créativité se sont entremêlées. Une soirée d’exception où les mélodies classiques d’Égypte ont fusionné avec la passion du public marocain et son amour profond pour la musique classique.
Révélée au grand public après avoir remporté la première saison d’Arab Idol en 2012, Carmen Soliman s’est immédiatement imposée sur la scène musicale arabe avec son premier single à succès, Kalam Kalam, qui a rapidement grimpé dans les classements, confirmant ainsi son statut d’étoile montante.
Tout au long de sa carrière, Carmen a reçu de nombreuses distinctions, notamment de la part du Conseil suprême de la culture égyptienne. Elle continue de séduire le public grâce à sa puissance vocale, sa polyvalence artistique et ses choix musicaux réfléchis, consolidant ainsi sa place parmi les voix les plus influentes de la musique arabe contemporaine.
Vingt ans après sa création, le Festival Mawazine-Rythmes du monde, placé sous le Haut patronage du roi Mohammed VI, s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Du 20 au 28 juin, les scènes de Rabat et Salé vibreront à l’unisson au rythme d’une programmation particulièrement alléchante.
Mawazine 2025, c’est neuf jours d’évasion mélodique, ponctués de concerts, de rencontres multiculturelles et d’émotions partagées, en célébrant la musique universelle dans toute sa diversité et sa splendeur.
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