Le bloc notes de la rédaction
Casablanca Music Week : une clôture en Vogue
Elles sont montées sur scène comme on entre dans l’histoire : élégantes, complices, vibrantes. Terry Ellis, Cindy Herron, Rhona Bennett et Amanda Cole, les quatre voix d’En Vogue, ont illuminé la dernière soirée de la Casablanca Music Week, dans un show ciselé, entre puissance et sensualité. Quatre femmes, quatre personnalités, quatre timbres distincts qui s’élèvent et se mêlent dans une harmonie presque surnaturelle. Dès les premières notes de My Lovin’ (You’re Never Gonna Get It), le public est conquis.
Pendant près d’une heure, elles déroulent un best of impeccable, ponctué de chorégraphies fluides et de regards complices. Don’t Let Go (Love) fait trembler la place, et Free Your Mind explose comme un manifeste féministe toujours d’actualité. Avec Rocket, Hold On ou Give It Up, Turn It Loose, elles oscillent entre slow brûlant et groove implacable. À chaque refrain, le public casablancais, clairsemé mais enthousiaste et intergénérationnel, répond en chœur, embarquant volontiers dans un voyage dans le temps.
Ce qui frappe, c’est la précision du geste et la sincérité de l’émotion. Rien n’est surjoué, tout est incarné. Chaque voix est une étoile, mais c’est l’ensemble qui crée la constellation. En Vogue ne cherche pas à refaire le passé : elles le prolongent, l’actualisent, le partagent. Un concert généreux, sans nostalgie figée, vivant.
Et puis, comme un dernier clin d’œil à la fête, entre deux hurlements de joie, la scène se transforme une dernière fois. DJ Abdel, l’enfant de Casablanca, monte aux platines. À ses côtés, Big Ali, voix grave et flow XXL, embrase le public dans un duo qui fait vibrer les basses comme les souvenirs. Ensemble, ils enchaînent les hits comme on raconte une histoire, mais aussi des beats orientaux revisités, des clins d’œil à la culture urbaine d’ici et d’ailleurs. Big Ali chauffe la foule, Abdel l’embarque. Le tempo monte, les mains s’élèvent, la nuit s’étire.
Il y a des festivals qui s’essoufflent avant la fin. Celui-ci s’est offert un final de gala. Une dernière communion entre scène et ville, musique et foule. La Casablanca Music Week a tenu sa promesse : offrir à la ville blanche une semaine de sons, de danse et de partage. Et hier soir, entre soul et décibels, les murs ont résonné longtemps après les derniers rappels. La première édition s’achève, mais déjà, la cité en redemande. Casa, à l'année prochaine !
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