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Le bloc notes de la rédaction

Paléontologie

Découverte au Maroc du premier ankylosaure africain doté d’une étrange armure

26.09.2021 à 16 H 45 • Mis à jour le 26.09.2021 à 16 H 53
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Les débris fossiles du dinosaure découvert au Maroc appartiennent au premier ankylosaure du continent africain. Il a également une autre spécificité : des plaques de blindage fusionnées aux os des côtes, une caractéristique jamais vue auparavant chez aucun vertébré

Le fossile d’un ankylosaure unique a été découvert au Maroc. Les traces de ce dinosaure herbivore sont les premières à être identifiées sur le continent africain. Et ce sont aussi les plus anciennes puisqu’elles datent d’environ 168 millions d’années, soit du Jurassique moyen, une époque de la période géologique du Jurassique qui s’étend de -175,6 millions d’années à -161,2 millions d’années, rapporte une étude publiée le 23 septembre par la revue britannique Nature Ecology and Evolution.


Les ankylosaures ou littéralement « lézards rigides » pouvaient atteindre jusqu’à 7 mètres de long et peser 4 tonnes. Leur queue arrondie à l’extrémité avait l’allure d’une massue et leur dos recouvert d’écailles formait une épaisse armure. Les ankylosaures appartenaient à des espèces herbivores apparentées aux stégosaures.


Un akylosaure ou dinosaure tank. DR


Si on les connait aujourd’hui, c’est surtout grâce à des fossiles américains et canadiens datant de 74 et 67 millions d’années. Le fossile découvert dans les montagnes du Moyen Atlas au Maroc est donc bien plus ancien, environ 168 millions d’années, ce qui suggère que cet animal était présent un peu partout sur la planète.


Mais ce n’est pas là sa seule spécificité, car l’étrange morphologie du fossile étonne les scientifiques. Il présente des pointes défensives soudées aux côtes du squelette et non incrustées dans la peau du dos de l’animal. Ce qui est, selon cette étude, sans précédent chez les vertébrés éteints et existants.


Ankylosaure du Maroc. DR


« C’est totalement, totalement bizarre », a déclaré au Guardian le Dr Susannah Maidment, paléontologue au Natural History Museum de Londres et l’un des neuf auteurs de l’article de publié par la revue scientifique.


Le spécimen a été découvert par un agriculteur sur les contreforts du Moyen Atlas, à Boulahfa au sud de Boulemane, dans la région de Fès-Meknès, selon l’étude –  au même endroit où les chercheurs du National History Museum avaient précédemment identifié le plus vieux stégosaure jamais trouvé.


Maidment avait brièvement visité le site avant que les restrictions liées au Covid-19 rendent impossible les fouilles de suivi. Lorsque les choses seront revenues à la normale, elle retournera au Maroc pour voir s’il y a d’autres fragments de squelette de l’ankylosaure qui peuvent aider à faire la lumière sur sa « physiologie inhabituelle », explique un article de la BBC.




« Normalement, lorsque nous voyons une armure chez le stégosaure et les ankylosaures, l’armure dermique est incrustée dans la peau, non attachée au squelette. Dans ce cas, il n’est pas seulement en contact avec le squelette, il est soudé aux côtes », s’étonne la chercheuse.



Maidment a nommé le dinosaure Spicomellus , ce qui signifie «  collier de pointes » et afer , c’est-à-dire « d’Afrique ». « Au début, nous pensions que le spécimen pourrait faire partie d’un stégosaure, les ayant déjà trouvés au même endroit », a déclaré le Natural History Museum. « Mais en y regardant de plus près, nous avons réalisé que le fossile ne ressemblait à rien de ce que nous avions jamais vu ».


« C’est complètement sans précédent et ne ressemble à rien d’autre dans le règne animal ».



La nouvelle découverte signifie également que la relation entre les ankylosaures et les stégosaures était différente de celle initialement étudiée, car les deux auraient pu coexister pendant plus de 20 millions d’années. Des rapports antérieurs, selon le Natural History Museum, suggéraient que les ankylosaures avaient conduit à l’extinction des stégosaures.


Ce spécimen a été acquis par le musée londonien auprès d’un collectionneur privé. Les équipes du musée britannique et de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah au Maroc poursuivent les recherches sur cet étrange ankylosaure.

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Le Desk Culture