Le bloc notes de la rédaction
Le site archéologique du Chellah se mue en musée temporaire
Découverts il y a plus d’un siècle, certains objets issus du site archéologique du Chellah retrouvent leur « terre natale », le temps d’une exposition. Une initiative née d’un partenariat entre la Société Rabat Région patrimoine historique (RRPH), le musée Bank Al-Maghrib, le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, la Fondation nationale des musées (FNM) et l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP).
Intitulée « Sala, trésors cachés : le legs maurétanien », cette exposition, qui se tient jusqu’au 31 décembre, s’insère dans le cadre d’un nouveau « circuit de visite, enrichi par une signalétique adaptée et des audioguides, cette exposition vient sublimer encore davantage l’expérience des visiteurs », indique un communiqué de RRPH. Elle fait suite à une précédente exposition, qui avait déjà mis en lumière la richesse de la ville antique de Sala et qui avait attiré un public nombreux dans les locaux du musée Bank Al-Maghrib.
Cette fois-ci, la boucle est habilement bouclée, puisque les objets qui ornaient jadis les monuments du centre-ville maurétano-romain retrouvent pour la première fois leur emplacement originel. Contacté par Le Desk, Mohamed Kbiri Alaoui, professeur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), se réjouit de la « portée symbolique » de cet évènement.
Concrètement, il s’agit de mobiliers funéraires, de stèles en marbre, de statuettes en ivoire et d'autres artefacts « datant d’entre le premier et le quatrième siècle , soit la période d’occupation romaine du site », précise notre interlocuteur, précisant que ces objets « portent en eux les vestiges de l’embryon urbain de l’agglomération de Rabat-Salé ».
L’exposition « Sala, trésors cachés : le legs maurétanien » vient renforcer l’attractivité de ces lieux, devenus depuis la révélation en 2023 de l’extension de la ville de Sala en dehors des enceintes de Chellah, un haut lieu de l’archéologie nationale. Déjà l’objet de deux campagnes de fouille, le nouveau site se trouve en contrebas de la forteresse et redessine les contours d’une cité plus vaste, qui s’étendait à l’embouchure du Bouregreg et permettait certainement l’installation de structures complexes capables de favoriser un intense commerce par voie navigable.
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