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Art

« Marrakech », une rare toile marocaine de Winston Churchill mise aux enchères à Toronto

13.10.2025 à 14 H 54 • Mis à jour le 13.10.2025 à 17 H 07 • Temps de lecture : 4 minutes
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Peinte en 1935 depuis les palmeraies de la ville ocre, la toile « Marrakech » de l’ancien Premier ministre britannique, Winston Churchill, refait surface. Ce tableau qui sera mis aux enchères en novembre au Canada, dévoile le regard intime d’un homme d’État qui trouvait dans la cité marocaine un refuge et une source inépuisable d’inspiration.

L’une des rares toiles marocaines de l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill, intitulée Marrakech, sera mise aux enchères en novembre par la maison Heffel Fine Art Auction House à Toronto, au Canada.


Peinte vers 1935, lors d’un séjour au Maroc, l’œuvre représente un groupe de femmes abritées sous des palmiers, baignées d’une lumière chaude et dorée. Churchill, alors peintre amateur passionné, aurait offert la toile, peu après sa réalisation, à la Hudson’s Bay Company, une entreprise de commerce de fourrures, fondée en 1670.


Estimée à une valeur comprise entre 400 000 et 600 000 dollars canadiens (soit entre 2,6 et 3,9 millions de dirhams), cette huile sur toile figure parmi les pièces maîtresses d’une vente organisée pour disperser la collection d’art de la Hudson’s Bay, la plus ancienne entreprise commerciale du Canada.


La toile Marrakech fait partie d’un ensemble de 27 œuvres rassemblant notamment des peintures de Frederic Marlett Bell-Smith et William von Moll Berczy, ainsi que des toiles historiques issues des calendriers artistiques produits par la marque entre 1913 et 1970. L’exposition des œuvres se tiendra à Toronto du 11 au 18 novembre, avant la vente aux enchères en direct, qui se déroulera le 19 novembre.


Un Churchill fasciné par le Maroc

L’homme d’État britannique, peintre à ses heures perdues, a découvert le Maroc en 1935. Son tableau nommé Coucher de soleil sur les montagnes de l’Atlas illustre à quel point la lumière du Sud l’avait conquis. Lui qui était habitué aux ciels brumeux anglais, il trouvait dans la palmeraie marrakchie une révélation, et décida ainsi de peindre à l’instinct, avec des couleurs chaudes et une énergie spontanée.


Amoureux du Maroc, il y reviendra après la Seconde Guerre mondiale, pour découvrir de nouveaux paysages, dont La Mosquée de Marrakech en 1948. En tout, il effectuera six séjours au Royaume sur une période de vingt-trois ans, trouvant dans la ville ocre « un lieu d’inspiration captivant », selon ses propres mots.


L’attachement de Churchill à Marrakech est d’ailleurs célèbre : c’est lui qui la fit découvrir à Franklin D. Roosevelt, en janvier 1943, au lendemain de la conférence de Casablanca. Dans ses mémoires, il racontera avoir voulu montrer au président américain « le plus beau coucher de soleil qu’il puisse voir ».


Winston Churchill et Franklin Roosevelt à la Villa Taylor, à Marrakech, le 24 janvier 1943. Crédit : Time Life Pictures / Getty Images


C’est également à Marrakech que se joue une rencontre déterminante : Churchill convainc le pacha Thami El Glaoui d’autoriser son fils, Hassan, à suivre sa passion pour la peinture, contribuant ainsi à révéler l’un des grands noms des arts plastiques marocains. Des décennies plus tard, des expositions allaient réunir les œuvres du maître britannique et celles de Hassan El Glaoui, notamment à Londres en 2011 et à La Mamounia en 2014.

 

Marrakech, un refuge et un mythe

Pour Churchill, le Maroc, et particulièrement Marrakech, était une destination et un refuge. En 1935, alors écarté du gouvernement britannique, il fuit les tensions politiques pour venir se ressourcer dans la ville ocre. Installé à La Mamounia, il découvre une paix rare : «  Ici, le voyageur peut être sûr d’un ensoleillement éternel et contempler avec une satisfaction incessante le panorama majestueux et enneigé de l’Atlas », écrivait-il dans le Daily Mail en 1936.


Il adorait se perdre dans les ruelles de la médina, pique-niquer dans la vallée de l’Ourika et peindre depuis les balcons de la Villa Taylor où il séjourna lors de la conférence d’Anfa. C’est là qu’il réalisa la toile intitulée Le Minaret de la Koutoubia, inspiré du coucher de soleil qu’il fit découvrir à Roosevelt, dans une scène immortalisée par une photographie devenue légendaire.


L’histoire du tableau est à son tour digne d’un roman : offert à Roosevelt, vendu par son fils dans les années 1950, il passa de collection en collection avant d’atterrir en 2011 entre les mains du couple Angelina Jolie-Brad Pitt, puis d’être revendu en 2021 chez Christie’s pour plusieurs millions d’euros.

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Le Desk Culture