S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk

Le bloc notes de la rédaction

Espace

Une scientifique marocaine et son équipe découvrent un nouveau satellite d’Uranus

21.08.2025 à 13 H 28 • Mis à jour le 21.08.2025 à 13 H 51 • Temps de lecture : 4 minutes
Par
Maryame El Moutamid, astrophysicienne originaire d’Essaouira et scientifique principale au Southwest Research Institute, a dirigé une équipe américaine qui a identifié le plus petit satellite connu de la planète glacée Uranus

Une équipe d’astrophysiciens du Southwest Research Institute (SwRI) aux États-Unis, dirigée par la scientifique marocaine Maryame El Moutamid, a révélé cette semaine l’existence d’un nouvel astre orbitant autour d’Uranus. Ce petit satellite, inconnu jusqu’ici, a été détecté lors d’un programme d’observation mené avec le télescope spatial James Webb (JWST) de la NASA.


L’analyse des images captées le 2 février 2025 a permis d’identifier ce corps céleste d’environ 10 km de diamètre, ce qui en fait le plus petit satellite de la planète glacée découvert à ce jour. Avec cette trouvaille, le nombre de lunes connues d’Uranus passe de 28 à 29.


« Il s’agit d’une découverte importante pour la compréhension du système compact d’Uranus, où les satellites sont très proches les uns des autres, créant des perturbations gravitationnelles qui rendent le système instable à long terme », a expliqué le docteur El Moutamid dans un entretien accordé à la MAP.


Un système en perpétuelle transformation

Selon la scientifique, l’instabilité gravitationnelle d’Uranus entraîne un cycle cosmique de collisions et de régénérations : « À long terme, ces satellites entreront en collision et formeront des anneaux plus massifs qui, à leur tour, s'étaleront et créeront de nouveaux satellites, concevant un cycle répétitif d'environ 50 millions d'années », a-t-elle précisé.


Le nouvel objet céleste a été détecté à environ 56 250 km du centre d’Uranus, entre les orbites des lunes Ophelia et Bianca, au cœur du plan équatorial de la planète. Sa localisation, proche des anneaux intérieurs, apporte un éclairage inédit sur les mécanismes de confinement de ces anneaux étroits, dont la stabilité dépend de l’action de lunes dites « chiens de berger ».


L’apport du télescope spatial James Webb

Pour cette observation, l’équipe du SwRI a exploité les capacités exceptionnelles du JWST, notamment une caméra proche infrarouge capable de capter des signaux lumineux bien en deçà du seuil de détection des instruments embarqués sur Voyager 2, la sonde qui avait survolé Uranus en 1986.


À l’époque, Voyager 2 avait fourni des milliers d’images et permis la découverte d’anneaux et de petites lunes, mais sans atteindre la résolution nécessaire pour repérer un satellite d’aussi faible taille. Le JWST, avec ses expositions longues de 40 minutes, a donc ouvert une nouvelle fenêtre sur l’exploration du système uranien.


Maryame El Moutamid, un parcours singulier

Née à Essaouira il y a 41 ans, Maryame El Moutamid est aujourd’hui scientifique principale au SwRI et investigatrice d’un programme d’observation d’Uranus mené par le JWST. Son parcours illustre une trajectoire académique internationale : formée à l’école publique marocaine, elle a poursuivi ses études supérieures en France, obtenant un doctorat avant de rejoindre les États-Unis, où elle a exercé comme chercheuse postdoctorale à l’université Cornell.


Elle salue la qualité de l’enseignement marocain et encourage les jeunes du pays à s’intéresser aux sciences spatiales : « Je leur dis de foncer, de ne jamais se sous-estimer et de saisir les opportunités de travailler avec des scientifiques du monde entier. »


Uranus, une planète encore mystérieuse

Située dans les confins du système solaire, Uranus est surnommée la « planète couchée » en raison de l’inclinaison extrême de son axe de rotation, penché à plus de 90° par rapport à son plan orbital. Son atmosphère dense, composée d’hydrogène, d’hélium et de méthane, lui confère une couleur cyan singulière.


Ses cinq plus grandes lunes – Titania, Oberon, Umbriel, Ariel et Miranda – avaient été découvertes entre 1787 et 1948 et portent, comme les autres satellites uraniens, des noms tirés de Shakespeare ou du poète Alexander Pope.


Une ambition tournée vers Saturne

Tout en poursuivant ses recherches sur Uranus, Maryame El Moutamid nourrit déjà une autre ambition scientifique : conduire une mission spatiale non habitée autour de Saturne. Elle souhaite y étudier en détail les anneaux et les satellites, en particulier ceux contenant des océans liquides, afin de mieux comprendre leur formation et leur évolution.


Avec cette découverte, la scientifique marocaine et son équipe ajoutent une nouvelle pièce au puzzle de l’exploration planétaire, confirmant à quel point Uranus demeure un laboratoire naturel essentiel pour percer les secrets des dynamiques cosmiques.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Par
Le Desk Culture