JusticeUne peine de 30 ans de prison pour l’assassin de la professeure de français à Erfoud
La Chambre criminelle de première instance de la Cour d’appel d’Errachidia a condamné, le mercredi 16 juillet, un ancien étudiant de l’Institut de technologie appliquée d’Erfoud à 30 ans de prison ferme pour le meurtre d’une jeune professeure de français. Le tribunal a également ordonné le versement d’une indemnisation de 300 000 dirhams à la famille de la victime pour le préjudice moral et matériel subi.
Le drame remonte à la matinée du 27 mars dernier, en plein mois de ramadan. L’enseignante, qui travaillait à l’Institut de formation professionnelle d’Erfoud, marchait dans une rue de la ville lorsqu’elle a été violemment attaquée par un ancien élève. L’agresseur, âgé d’une vingtaine d’années, a utilisé un pic pour la frapper à la tête et au cou, la laissant grièvement blessée. Des témoins, impuissants, ont assisté à la scène, filmée et relayée sur les réseaux sociaux, provoquant un profond choc dans la région.
Rapidement interpellé par les forces de l’ordre, le suspect a été placé en garde à vue, tandis que le parquet ouvrait une enquête pour homicide avec préméditation. Des sources proches du dossier ont évoqué une vengeance personnelle comme mobile possible de l’agression, sans que les motivations réelles ne soient clairement établies au cours du procès.
Transportée d’urgence au Centre hospitalier régional Moulay Ali Cherif d’Errachidia, puis transférée au CHU Hassan II de Fès, en raison de la gravité de ses blessures, l’enseignante est décédée le 13 avril, après deux semaines dans le coma.
Le meurtre a déclenché une onde de choc dans tout le pays. De nombreuses organisations syndicales, des enseignants, des ONG et des citoyens ont dénoncé un climat de violence grandissant à l’encontre du personnel éducatif, en particulier des femmes enseignantes, souvent victimes d’agressions verbales ou physiques. La Fédération nationale de la formation professionnelle a qualifié le meurtre de « crime odieux visant la dignité et le statut des professionnels de l’éducation ».
Au-delà de l’émotion suscitée par le drame, cette affaire a ravivé un débat récurrent sur la sécurité dans les établissements scolaires et de formation, notamment dans les zones rurales et semi-urbaines. Plusieurs voix ont appelé à des mesures concrètes de prévention, à la création de cellules d’écoute psychologique et à une revalorisation effective du statut des enseignants.
La sentence de 30 ans de réclusion criminelle a été perçue comme une réponse ferme aux attentes d’une société marquée par la violence de l’acte. Mais pour de nombreux acteurs du secteur éducatif, ce verdict ne suffit pas à apaiser les inquiétudes de fond. Des appels se multiplient pour l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la violence scolaire, incluant à la fois des dispositifs de sécurité, un encadrement psychopédagogique renforcé et une sensibilisation accrue des élèves et des familles.
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