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Maroc-UE
Ibtikar : un projet de 43 MDH pour accélérer la formation agricole et forestière au Maroc

02.12.2025 à 09 H 07 • Mis à jour le 02.12.2025 à 09 H 07 • Temps de lecture : 3 minutes
Par
L'Ambassadrice de l'UE au Maroc, Patricia Llombart Cussac

Lancé à Rabat avec un financement européen, le programme vise à moderniser les cursus, renforcer la recherche appliquée et encourager l’innovation dans les secteurs agricole et forestier, au cœur des stratégies « Génération Green » et « Forêts du Maroc ».


Le Maroc franchit une nouvelle étape dans l’adaptation de son appareil de formation et de recherche aux impératifs de la transition écologique. Le projet ibtikar, officiellement lancé lundi à Rabat lors d’une cérémonie présidée par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Redouane Arrach, ambitionne de préparer les futures générations d’agriculteurs, forestiers, enseignants et chercheurs aux nouveaux défis du climat. D’une durée de 3 ans et demi et doté d’un financement de 43 millions de dirhams, soit 4 millions d’euros octroyés par l’Union européenne, ibtikar s’inscrit dans le programme d’appui « Al Ard Al Khadraa – Terre Verte », centré sur un développement agricole et forestier écologique, inclusif et innovant. Le projet met au cœur de son action la révision des cursus de formation pour ancrer davantage les approches agroécologiques, la gestion durable des ressources naturelles, la protection des écosystèmes et l’adaptation aux changements climatiques. L’objectif est clair : doter le pays d’un capital humain mieux préparé aux transformations structurelles du secteur, dans un contexte de pression croissante sur l’eau, la biodiversité et les sols.


Selon Redouane Arrach, ibtikar est un pilier au service de « Génération Green » et de « Forêts du Maroc », en bâtissant une transition écologique fondée sur la formation, la recherche, le transfert de connaissances et l’entrepreneuriat. Il a souligné que cette transition doit également reposer sur la préservation de la biodiversité, la bonne gouvernance et le recours à l’énergie propre. Au-delà de l’enseignement, ibtikar met en place des mécanismes de financement compétitifs pour encourager les projets de recherche appliquée en agroécologie, foresterie durable et gestion des ressources naturelles. L’innovation scientifique devient ainsi un levier majeur pour accompagner la transformation des pratiques sur le terrain. L’Union européenne, représentée par son chef de délégation adjoint Daniele Dotto, a salué la dimension stratégique du projet, qui associe modernisation académique, développement technologique et appui à l’entrepreneuriat, en affirmant se tenir aux côtés du Royaume pour faire face aux risques climatiques, environnementaux et socio-économiques.


Pour renforcer le transfert des savoirs vers les professionnels, une plateforme digitale sera déployée afin de diffuser largement les bonnes pratiques agroécologiques auprès des agriculteurs, formateurs et acteurs du secteur. Ce projet favorisera également l’émergence de startups innovantes grâce à l’implication d’incubateurs, de programmes d’accompagnement et de concours de l’innovation, ouvrant de nouvelles perspectives d’emploi et de dynamisation économique dans les territoires ruraux. À la tête du consortium de formation et de recherche agricole et forestière (IAV Hassan II, INRA, ENAM, ENFI), l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II joue un rôle pivot. Son directeur, Abdelaziz El Hraiki, a salué la synergie créée entre les établissements du secteur pour mutualiser compétences et ressources, valoriser les approches fondées sur la nature et renforcer les services écosystémiques selon le principe global « One Health ». Il a réaffirmé l’engagement de l’Institut à piloter et à valoriser le projet tout au long de sa mise en œuvre.

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