FranceLibéré, Saad Lamjarred a-t-il bénéficié de défaillances judiciaires ?
La décision du juge des libertés et de la détention (JLD) de rendre sa liberté à Saad Lamjarred avec néanmoins un contrôle judiciaire strict (interdiction de quitter le territoire français et d’entrer en contact avec la plaignante, versement d’une caution de 150 000 euros), a-t-elle été prise en dépit des risques de réitération des faits ?
Le JLD ne décide ni de la peine, ni de la culpabilité de la personne. Ce juge du siège, dont la fonction existe en France depuis 2001, est saisi par le juge d’instruction pour décider si oui ou non le mis en examen sera incarcéré dans l’attente de son procès, explique Le Parisien, qui cite les propos de Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature : « C’est une fonction avec des contraintes fortes et des enjeux lourds. Ce magistrat tient la liberté des gens entre les mains », résume-t-elle, précisant que la détention provisoire « doit être une mesure exceptionnelle ».
Dans l’affaire Saad Lamjarred, son avocat Me Jean-Marc Fedida expliquait à la même source que son client « contestait toute violence à l’encontre de cette personne, de quelque nature que ce soit » et assurait également « qu’aucune constatation matérielle ne permettait de confirmer l’existence » de ces violences.
Mais selon, la présidente du syndicat de la magistrature, les conditions de travail du juge « peuvent influer sur les décisions », évoquant une surcharge de travail, des horaires sans fin, et « des décisions lourdes alors qu’ils n’ont pas le temps de lire toutes les procédures », note Katia Dubreuil.
Des omissions ont-elles été commises dans ce nouvel épisode judiciaire de la star marocaine ? C’est ce que défend Me Jean-Marc Descoubes, avocat de Laura Prioul, la précédente plaignante qui avait accusé le chanteur de faits similaires en 2016.
En avril dernier, la justice autorisait le chanteur à voyager au Maroc. « La partie civile n’a même pas été informée de la modification de ce contrôle judiciaire », s’est-il indigné dans une déclaration au Parisien.
« La partie adverse a monté un dossier, et je n’ai même pas été informé de la date de cette audience chez le JLD. Selon le code de procédure pénale, je ne peux même pas faire appel », ajoute-t-il. Seul le parquet peut faire en effet appel d’une décision du JLD. Me Descoubes demande donc au gouvernement de « déposer un projet de loi » qui permettrait de modifier le code de procédure pénale en ce sens, rapporte la même source.
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