S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Grand angle

Aït Amira, ou les tomates de la colère

13.10.2025 à 06 H 48 • Mis à jour le 13.10.2025 à 10 H 48 • Temps de lecture : 14 minutes
Par et
REPORTAGE
Connue pour ses étendues de serres à tomates, la commune rurale d’Aït Amira a vécu, à l’instar de Lqliâa, de graves débordements dans la nuit du 1er octobre, en marge des manifestations appelées par le mouvement GenZ212. Près d’une semaine plus tard, Le Desk s’est déplacé dans cette localité qui, censée être l’une des plus riches de la province de Chtouka-Aït Baha, n’en a ni l’allure ni la substance

Mercredi 1er octobre. Depuis quelques jours, la contestation bat son plein aux quatre coins du Maroc. Simultanément aux manifestations pacifiques menées par le mouvement GenZ212, né sur les réseaux sociaux, de véritables émeutes ont éclaté dans différentes zones. Les plus spectaculaires ont eu lieu dans le quartier Sidi Youssef Ben Ali, à Marrakech, et à Lqliâa, petite ville du Souss où le degré de violence a atteint un niveau sans précédent. Il en fut de même dans la localité voisine d’Aït Amira et ses environs.


Dans cette commune rurale, située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est d’Agadir, des affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et une foule d’émeutiers, principalement des mineurs, qui ont saccagé des voitures, incendié des bennes à ordures et vandalisé des agences bancaires.


Passée la sidération des premières heures, les questions se sont multipliées face à ce déchaînement de violence : quel engrenage a pu mener à une telle explosion sociale ? Qui sont ces très jeunes personnes qui ont défié l'autorité ? Et surtout, pourquoi cette bourgade, que seuls les spécialistes du secteur agricole savaient jusqu’alors placer sur une carte, est-elle devenue le foyer d'une insurrection qui ne dit pas son nom ?


Près d’une semaine après ces événements, une équipe du Desk s’est rendue sur les lieux pour tenter de déchiffrer les ingrédients de cette déflagration soudaine, et comprendre ce qui a mis le feu aux poudres.


Création : Zineb Azeddine / Le Desk


Pour rejoindre la commune rurale d’Aït Amira, nous avons l’embarras du choix : plusieurs routes, certaines plus praticables que d’autres, mènent à cette petite localité flottant dans une mer de serres. Saisissante, la vue aérienne de cette zone, livrée par les images satellite, montre une poche de terre ocre cernée par une multitude de cases en plastique grisâtre.

Abonnez-vous pour continuer la lecture

à partir de 40 dh par mois

(facturé annuellement)

Choisir une offre
Par et @soufianesbiti
Le Desk Grand angle